LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Wilfried Léandre Houngbédji sur l’exécution de grands projets par le gouvernement : « L’ambition de Talon n’est pas d’effacer les œuvres de ses prédécesseurs…»

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Le président Patrice Talon n’a pas pour ambition d’effacer ses prédécesseurs (les anciens présidents de la République Ndlr) de la mémoire collective en exécutant de grands projets pour le développement du Bénin. C’est ce que pense le secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji. Arguments à l’appui, il s’est expliqué dimanche 21 novembre 2021 sur une chaîne de télévision de la place. Il en a profité pour passer en revue d’autres sujets de l’actualité notamment l’exigence du pass vaccinal anti-Covid, la date de lancement du Pag 2 et les différentes casses exécutées par le préfet du Littoral, Alain Orounla.   

Patrice Talon assure un leadership messianique à la tête du Bénin. Il pose des actes qui vont l’inscrire dans la mémoire collective. En matière de tourisme patrimonial, on n’évoquera plus Ouidah 92 mais on parlera du retour des trésors royaux. Le stade de l’Amitié Mathieu Kérékou ne dira plus rien aux populations des Communes bénéficiaires des stades omnisports en construction. Beaucoup d’autres actes comme la construction de l’hôpital de référence de Calavi font parler d’eux. Jusqu’où veut-il aller ? N’est-il pas en train d’effacer ses prédécesseurs dans la mémoire de ses compatriotes ?

Wilfried Léandre Houngbédji : « Je peux vous rassurer que l’objectif du président Patrice Talon n’est pas d’effacer des tablettes, les œuvres de ses prédécesseurs. Son seul objectif, c’est d’apporter sa part à la construction nationale. C’est aussi de laisser des traces parce que ce n’est pas un homme qui se contente du peu. J’aime à dire que le président Patrice Talon sait qu’il y a une chose qu’il a gagnée depuis avril 2016 : l’histoire retiendra qu’il a été président du Bénin. Mais dans sa tête, même s’il ne le dit pas, je sais qu’il se pose une seule question : quand on parlera de moi demain, qu’on dise quel type de président j’ai été ; j’ai été un grand président, un grand bâtisseur, un réformateur. Au fond, c’est cela l’ambition ultime. Il ne l’exprime pas mais cela se devine quand on prospecte tout ce qu’il a mis en œuvre avec son gouvernement pour requalifier notre pays, poser les bases de la modernité du Bénin. Enfin, est-ce que l’on irait jusqu’à douter aujourd’hui de la nécessité de toutes les œuvres que vous avez évoqué pour le Bénin.

Quand on a réalisé l’hôpital Cnhu qui était de 350 lits en 1963. En 2021, est-ce 350 lits méritent encore d’être la référence au Bénin en matière hospitalière ? Est-ce que 350 lits suffisent pour prendre en charge toutes les grandes urgences qui peuvent venir de partout le pays ? Assurément pas ! Quand on a cela, qu’est-ce qu’il faut faire ? Il faut un nouvel hôpital d’où : l’hôpital de référence de Calavi avec plus de 500, l’usage de la médecine nucléaire et la possibilité de prendre en charge toutes les pathologies. Je crois que cela répond aux besoins du moment et le président de la République qui le fait, il le fait pour son peuple avant, que de le faire pour l’histoire.

Quand on construit des stades omnisports et que très prochainement, on va lancer une vingtaine d’autres. Pour réussir à réaliser 40 stades omnisports en tout, le développement du football mondial voire africain ne mérite pas ces investissements ? Tout à fait ! Nous nous plaignons de la non-qualification des Ecureuils à la Coupe d’Afrique des Nations et à la Coupe du monde. Mais avec les infrastructures modernes en place, qui vont susciter l’engouement des jeunes, l’explosion des talents dans 10 ans, nous aurons peut-être le bonheur de constater que de façon successive et répétée, nos équipes vont aborder les phases de qualification avec beaucoup de bonheur et nous ramener chaque fois le graal et gagner les compétitions continentales ».          

Le gouvernement veut-il obliger les citoyens et surtout les élèves à se faire vacciner contre le Covid-19?

« Le gouvernement ne veut pas obliger les citoyens à se faire vacciner. Le gouvernement sensibilise sur la nécessité de se faire vacciner. Chacun de nous sait qu’au-delà des polémiques parfois justifiées et généralement injustifiées, le plus important, c’est de préserver nos vies. Tous les pays y compris ceux que certains élèvent aujourd’hui en suspicion, ont engagé des campagnes de sensibilisation. Ce sont les mêmes produits qui sont servis ailleurs, qui nous sont servis. Le gouvernement béninois ne peut pas acheter ou recevoir des doses de vaccins qui soient impropres à être administrées à ses citoyens.

S’agissant du pass sanitaire, est-ce que c’est une obligation ? Avec ledit pass, il n’y a pas d’obligation. Il faut que nous soyons le plus transparent possible. L’obligation vaccinale a été faite à certains corps notamment les agents de la santé. Pour le reste, vous êtes journalistes. Le gouvernement vous invite à vous faire vacciner pour votre bien et celui de la République. Vous dites que vous ne voulez pas vous faire vacciner, ce qui votre droit. Le gouvernement organise une activité et dit : n’y ont accès que les gens qui présentent leur pass vaccinal. Cela veut dire que cette activité ne vous intéresse pas.

Pour les agents de l’Etat, ils sont au service des citoyens. Ils sont payés pour rendre des services aux citoyens. Considérez un agent de l’Etat qui est dans une position où il reçoit 200 voire 300 personnes par jour à qui il doit délivrer des actes. Il se fait vacciner. Il reçoit des personnes dont 150 ne sont pas vaccinées. Parmi les 150, peut-être 50 sont contaminées. Même s’il est vacciné, il est davantage exposé.

Malgré la vaccination, le respect des gestes barrières, la négligence des autres fait ou leur dénie de la réalité et expose ceux qui se sont faits vacciner. Voilà pourquoi il faut protéger les agents de l’Etat. En les protégeant, l’Etat remplit son obligation de mettre à la disposition de ses citoyens, des gens qui doivent leur délivrer le service public dont ils ont besoin. Donc, à l’arrivée, s’agit-il vraiment d’une obligation de se vacciner ou d’une exhortation majeure à le faire le bien de tous ? »

Quid des élèves des collèges ?

« Le gouvernement sensibilise, exhorte et recommande aux uns et aux autres de se faire vacciner. Nous avons reçu des doses de vaccin Pfizer qui est administré aux enfants de 5 ans et plus. Il y a des doses de ce vaccin qui peuvent être administrées à des enfants de 5 ans et à des enfants de 12 ans. Celui que nous avons reçu, peut être administré aux enfants de 12 ans. Si nous protégeons les plus grands et que nous avons la possibilité de protéger les plus jeunes, pourquoi ne pas le faire ? C’est donc parce que ces vaccins sont accessibles aux 12 ans et plus, que le gouvernement recommande que dans nos écoles, dans nos collèges, les enfants de 12 ans et plus puissent également se faire vacciner. Il ne s’agit pas d’une obligation mais nous le recommandons pour le bien des enfants, de leurs parents et du pays tout entier ». 

Le gouvernement ne se retrouve-t-il pas seul dans ce combat de protection des citoyens? 

« Il y a une caractéristique qu’on ne dénierait pas à ce gouvernement, c’est qu’il a toujours assumé ses choix. Si nous décidons demain pour une raison ou une autre d’en arriver à l’obligation, nous allons l’expliquer aux concitoyens et nous allons l’assumer. Lorsque le choix d’imposer la vaccination a été faite à certains corps, le gouvernement l’a annoncé publiquement et l’a défendu. Il en sera de même si demain, nous devons étendre l’obligation à d’autres corps. Le gouvernement joue son rôle. Il a rencontré les différents corps et groupes organisés pour leur expliquer sa démarche. Il mène la campagne de sensibilisation qu’il doit mener pour convaincre nos compatriotes de la nécessité de se faire vacciner. On observe aujourd’hui que l’engouement se manifeste même si nous estimons qu’il doit être encore plus perceptible que ce qui est en cours. C’est pour cela que nous passons à une phase plus active. Vous avez sans doute vu le ministre de la Santé mettre en place un nouveau mécanisme pour adresser au mieux les cibles éligibles à la vaccination afin que le taux de vaccination augmente pour que nous puissions approcher le taux qu’il nous faut pour espérer l’immunité collective qui va nous permettre de revivre normalement ».

L’inaction des leaders politiques de la mouvance ne pose-t-il pas de problème ?

« Est-ce que intrinsèquement, c’est du rôle des partis politiques de dire aux gens, allez-vous faire vacciner parce que le gouvernement le demande? Pour certains points de vue oui, mais dans l’absolu, non. N’avez-vous pas vu les leaders de certains partis politiques aller se faire vacciner ? C’est leur façon de donner l’exemple. Un responsable de parti peut exhorter ses militants à aller se faire vacciner parce qu’il a besoin d’eux en vie. De ce point de vue, je serais d’accord avec vous que les partis politiques, les groupes et autres associations devraient également s’investir dans la sensibilisation pour que nos compatriotes comprennent qu’il faut se faire vacciner pour se protéger contre cette pandémie ».

Le second quinquennat de Patrice Talon sera comme le premier avec les casses ?

« Là où on a demandé aux gens de libérer l’espace en ce début de deuxième quinquennat, c’est parce que c’est prévu et les occupants ont été avertis. Je crois que vous voulez parler principalement de Xwlacodji, de la Route des pêches et de Fiyégnon. Dans chaque cas, ce sont  des problématiques différentes. Le gouvernement a fait jouer son sens de responsabilité. Face à chaque problématique, il y a une solution. Le préfet, est-ce qu’il casse là où il ne devrait pas ? Je ne pense pas. Le stade de l’Amitié à ce que je sache, s’il y a des casses, c’est dans la perspective de la réalisation du Mall. Ce grand immeuble à 1000 boutiques qui va être réalisé pour accueillir à terme le commerce noble qui a cours actuellement au marché Dantokpa notamment la maroquinerie, le commerce de tissu, de bijou et autres pendant que le commerce de gros va au nouveau marché en construction à Abomey-Calavi. Si le préfet casse, c’est à ce propos. Les personnes concernées ont dû certainement être informées et ont eu un délai pour se mettre à jour. Je suis convaincu qu’il n’aurait pas pu aller sans avoir pris ces précautions ».

Le nouvel incendie justifie-t-il la volonté du gouvernement de délocaliser le marché Dantokpa de ce lieu historique ? 

« Le choix du gouvernement n’était pas basé sur la répétition d’incendies. C’est un choix objectif, futuriste qui a été fait. Mais après, ces cas d’incendies viennent plutôt conforter le gouvernement dans son choix à savoir que les infrastructures au niveau du marché Dantokpa ont, sans soute ; fait leur temps et qu’on n’a pas pris en amont toutes les précautions. C’est pour cela qu’en allant sur la modernité aujourd’hui, l’on fait le choix de délocaliser ce marché et d’ériger de nouvelles infrastructures aux normes qui garantissent aussi bien le confort que la sécurité à nos compatriotes qui vont les occuper demain ».

Le gouvernement a-t-il prévu lancer son Pag 2 ?

« Cette question me revient particulièrement. Nos compatriotes, après avoir douté des premiers mois du mandat passé, mais ayant vu le Pag 1 et définitivement ses réalisations concrètes, sont aujourd’hui impatients de découvrir le contenu du Pag 2. L’assurance que je peux donner, c’est que le président Patrice Talon et son gouvernement ont le sens de la méthode, de l’organisation et de la rigueur. L’assurance, disais-je, le quinquennat 2 ne se passera pas moins bien que le premier. Donc, il y a un programme d’actions qui est actuellement en cours d’arbitrage. Je crois qu’on aurait fini avec les derniers arbitrages dans quelques jours pour que dans les prochaines semaines, le Pag 2 soit mis à la disposition du public. Vous aurez le bonheur de constater qu’il n’y a pas moins d’ambitions que ce qui a été réalisé et ce qui a été annoncé pendant la campagne électorale ».

Quelle place pour le social ?

« Tout ce qui a été réalisé en béton pendant qu’il se réalisait, non seulement on n’a pas négligé le social, mais tout cela concourt à optimiser le social. Les bétons, le bitume améliorent les conditions de circulation. Ce que cela fait gagner, vous devez le savoir. Lorsqu’on a mis du béton pour réaliser un château et avoir de l’eau, cela concourt au social. Mais observer qu’en 5 mois, beaucoup de recrutements d’agents de l’Etat ont été faits, je ne parle pas des emplois créés par les chantiers. En cinq mois, c’est pratiquement 3000 agents déjà recrutés. Le tout dernier concours, c’est pour recruter 100 auditeurs de justice.

Est-ce l’idéal ? Ne devrait-on pas faire en sorte que ce soit le privé qui crée ces emplois ?

« C’est pour cela que nous créons toutes ces conditions pour que l’environnement des affaires s’assainisse. Il y a de cela quelques semaines, le gouvernement a accordé des régimes de privilège au Code des investissements à plusieurs projets soumis pas des investisseurs. Tout cela, c’est également pour booster l’entreprenariat privé et booster la création d’emplois. Le social, il est et sera au cœur de ce second quinquennat. » 

Source : Canal3 Bénin             

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