LE MATINAL
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Un an de gouvernance de Talon II: « Rien n’a concrètement changé », selon Irené Agossa

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Le président du parti Restaurer la confiance (Rlc) pense que la première année du  deuxième mandat de Patrice Talon à la tête du Bénin n’a rien changé. Bien au contraire, la situation des Béninois s’est aggravée avec la crise sanitaire et la guerre  entre la Russie et l’Ukraine. Pour lui, au lieu que le gouvernement du Nouveau départ change de modèle politique et économique, il s’obstine à les maintenir. Un état de choses qui met en mal la cohésion nationale qu’il faut restaurer.

Le Matinal: Depuis le 23 mai 2021, le chef de l’Etat a amorcé son deuxième mandat à la tête du pays. Qu’est-ce qui a concrètement changé depuis ce temps selon vous?

Iréné Agossa: Selon nous, rien n’a concrètement changé. Si nous prenons, sur le plan économique et surtout c’était le problème qui se posait, la satisfaction  n’a pas changé d’autant plus que, le chômage, le sous-emploi et la précarité sont toujours là. Donc, cela n’a pas connu une amélioration. C’est des baromètres pour voir le niveau de notre économie. Les opportunités sur le Nigeria n’ont pas repris comme cela doit être. La question de l’énergie  n’a pas été  réglée. Il y a encore  des coupures d’électricité. Cela a un impact sur la productivité du pays. Le niveau d’investissement reste toujours ce qu’il était. Nous avons un déficit commercial qui est toujours là. On n’a pas pu produire pour faire face à la demande. Concrètement, si on peut dire que  quelque chose a changé, c’est peut-être l’arrivée des objets d’art, historiques qui sont revenus dans notre pays qui a été un coup diplomatique qui permet bien sûr de retrouver les objets d’art de nos ancêtres. Et cela, c’est sur le plan culturel et touristique. Sur le plan politique, ça n’a pas changé d’autant plus que ce sont les mêmes choses qui sont là, la même domination. La politique qui est mise en place  est toujours maintenue. Sur le plan social, ce sont les fractures, les pauvres sont toujours  pauvres, demain encore plus pauvres et les riches demeurent très riches.

Lors de son investiture, le président Talon a fait la promesse de faire du second quinquennat, un mandat hautement social ? Avez-vous perçu les signes de cette ambition dans la gouvernance des affaires publiques? Si oui lesquels ?

 En ce qui concerne le hautement  social, rien ne pouvait changer réellement. Le hautement social ne peut pas être constaté car la politique, c’est-à-dire le modèle  économique qui a été choisi par le chef de l’Etat durant les 5 dernières années et qui a entraîné sur un social faible ou un social insuffisant et que le chef de l’Etat  a voulu maintenant changé en disant que le quinquennat actuel serait un quinquennat  du hautement  social, le seul modèle n’a pas été modifié. Le modèle  politique est toujours le même. Susciter l’adhésion du peuple à l’ambition qu’on a à travers la contrainte et la force, n’a pas changé. Et sur le plan économique, soutenir les riches, maintenir  les pauvres dans une situation de pauvreté, ne pas multiplier les opportunités pour que cela soit à la disposition de tout le monde, régler le problème de l’énergie, de formation etc., n’ont pas été réellement  abordés. Avec ce modèle politique, il ne pouvait en être autrement. Le chef de l’Etat n’a pas tiré suffisamment de leçons des élections passées parce qu’elles ne lui ont pas donné le message qu’il devrait  retenir. Ce n’est pas la continuité.  C’est d’aboutir à une nouvelle ère. Changer le modèle économique et politique pour permettre une nouvelle forme d’espoir. Donc, de restaurer la confiance entre les élus et les électeurs, entre les institutions et les populations, revoir aussi  la confiance entre lui et les populations. Mais cela n’a pas été fait. Ce déficit de confiance a été aggravé  par ce que nous vivons aujourd’hui. Le hautement  social, ce n’est pas de l’évoquer simplement, c’est de changer le modèle économique, le modèle politique qui doit s’adapter aux besoins actuels. Ce qui se passe aujourd’hui est inadapté aux besoins actuels. Et cela, c’est du factuel, ce que lui-même a constaté en disant qu’il faut faire de ce nouveau mandat, un mandat hautement social. Voilà la situation et nous pensons  que, cela pourra prendre forme  très  peu de temps  pour que ça marche. Sinon, nous sommes  dans notre logique  à dénoncer et à  faire des propositions dans  l’amélioration  des choses  pour que le  modèle politique  et le modèle économique changent.  C’est ce que nous sommes  en train  de dire depuis longtemps. Si eux, ils ne peuvent pas changer, nous allons donner l’opportunité aux populations pour qu’au cours des élections  prochaines que nous puissions être élus et porter notre offre au niveau  du Parlement  et que nous puissions agir sur les choix effectués  aujourd’hui  par le chef l’Etat.

Comment appréciez-vous la gestion de la cherté de la vie par le gouvernement ? A-t-elle eu un impact véritable sur le vécu des populations ?

Comment nous apprécions la cherté de la vie ! C’est une suite. Nous étions déjà  dans une situation économique très difficile, une situation sociale très compliquée et la crise sanitaire, la guerre entre la Russie et l’Ukraine ne sont venues qu’aggraver. En réalité, c’est une situation  qui était là et qui a été aggravée et qui devrait pousser le gouvernement à changer rapidement ces modèles  économique et politique. Mais, ils sont restés dans le même principe. Du coup, la gestion  devient compliquée d’autant plus que les investissements n’ont pas suivi entretemps, d’autant  plus que les fractures sont restées, d’autant  plus que le déficit  commercial était là. Avec ces différentes crises, vous comprenez avec moi que cela ne peut pas s’améliorer et la gestion de cette crise se fait constater. Ils sont obligés d’aller expliquer aux pauvres, à ceux qui effectivement ont besoin d’une aide claire, ce pourquoi, ils n’ont pas reçu ou ce qu’ils ont reçu et qu’ils n’ont pas perçu, donc ce qu’on a promis et qui n’est pas perçu. Où sont passés alors les moyens qui ont été débloqués pour cela? Si les moyens étaient perçus et arrivés  dans les mains de ceux qui en ont besoin, ils n’ont pas besoin d’aller organiser encore  des séances de sensibilisation  et autres.  C’est clair que l’impact n’est pas perceptible.

Avec la persistance du Covid-19 et la crise russo-ukrainienne, pensez-vous que le gouvernement pourra atteindre les défis qu’il s’est assigné dans le Pag 2?

Il est bien vrai qu’avec le Covid et ce qui se passe en Russie, le Pag 2 peut subir des modifications. Mais, c’est parce que cela n’a pas été prévu. Vous ne pouvez pas gérer sans prévoir. Il est bien vrai que très peu de pays ont prévu la crise sanitaire, mais il faut prévoir. Et c’est pour cela d’ailleurs, il ne faut pas négliger les opportunités qu’un pays a. Quand un pays a des opportunités, il l’exploite au maximum d’autant plus qu’on sait pas ce que réserve l’avenir. Je pense qu’il y a d’autres possibilités pour que cela marche. Il faut revoir notre politique d’investissement sinon, nous aurons des difficultés. Il faut revoir notre politique de production, notre politique énergétique pour que nous puissions faire face à ces chocs, sinon avec ce qui se passe, il y a très peu d’espoir.

Propos recueillis par Bienvenue Agbassagan

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