LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Spéculation du prix du pain : Une actualisation des textes s’impose

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Comme en 2017,  le prix du  pain ordinaire vendu à 125 F Cfa a connu  uniquement  dans le Littoral une augmentation   entre boulangers,  grossistes  et détaillants. Mais  cette fois-ci, avec la particularité  que le consommateur ne sent pas l’augmentation. Une décision  unilatérale de l’Association des promoteurs et exploitants de boulangeries du Littoral qui aurait profité d’un vide juridique ou de l’obsolescence des textes.  Une problématique qui appelle du coup à l’actualisation des textes dans le secteur.

Faut-il augmenter  ou diminuer le prix du  pain au Bénin ?  Bien malin celui qui pourra  répondre à cette question épineuse. Mais la semaine dernière, l’un  des acteurs du secteur de la boulangerie, le président de l’Association des Promoteurs et Exploitants de Boulangeries du Littoral, Anselme Aguèmon,   a donné des  indices de réponses.  En effet, le lundi  15 novembre 2021,  il a annoncé une augmentation du prix du pain chez les grossistes à cause de la hausse du coût de la farine de blé.  Une décision qui a  suscité des réactions dans l’opinion publique, car  elle laisse croire que le prix de cession du pain de 160 grammes   passe à 150 Fcfa.  « Jusque-là, nous n’avons pas encore augmenté le prix du pain. L’arrêté de 2008 a fixé le prix du pain à 125 Fcfa. C’est un réajustement à l’interne», a-t-il laissé entendre avant d’expliquer : «nous avons deux intermédiaires qui nous aident à convoyer le pain vers les  consommateurs c’est-à-dire, les gros vendeurs qui portent les paniers et nos bonnes dames qui vendent dans les ruelles. Ce qui change, au niveau des gros vendeurs, on leur livre le pain à 90 Fcfa et aux mamans à 100 Fcfa. Avant,  nos mamans prennent jusqu’à 80 Fcfa le pain chez les boulangers. Les grossistes quant à eux, prennent jusqu’à 75 Fcfa l’unité».   Selon la hiérarchie associative et publique, la décision viole la procédure prévue par les textes. A suivre   Padonou Codjo Servais, président   de  l’Association des boulangers et  pâtissiers du Bénin, le prix du pain ne s’augmente pas par convenance personnelle.   « C’est toute  une procédure. Il y a des textes qui régulent le contexte  de  l’augmentation du prix au point où on ne se lève pas  pour le faire. Si quelqu’un se hasarde à le faire c’est qu’il en payera le prix », a-t-il averti.  Pour le Directeur général du commerce Bernard Favi, le prix du pain fait partie des prix administrés par l’Etat et il ne revient pas aux boulangers de facto de procéder à une augmentation sans que cela ne soit décidé ensemble avec le gouvernement parce que le pain est un produit de grande consommation. « Le prix est fixé à 125 F Cfa depuis et ça a été acté», a-t-il affirmé.

Le flou autour du contenu des textes

De la déclaration des uns et des  autres, un flou persiste. Et l’Association des promoteurs et exploitants de boulangeries du Littoral  semble surfer   dessus.  Dans les propos  d’Anselme   Aguèmon, ce n’est pas le prix du consommateur final qui connait une   hausse, mais celui des  commerçants.  Une argumentation qui laisse perplexe et appelle à s’interroger sur la lettre, l’esprit et la durée de   l’arrêté de 2008. L’arrêté  s’est-il focalisé sur le prix du consommateur final ou sur les prix sur toute la ligne ?  En passant   au crible de la raison la déclaration du Directeur général du commerce  Bernard Favi, l’on présume  qu’il y a un vide juridique sur lequel peuvent  jouer les responsables de boulangerie. L’essentiel est de ne pas toucher au prix  du consommateur.    Mais il y a un   risque en augmentant le prix entre commerçants. Les bonnes dames qui perdent 10 Fcfa, comment pourront-elles compenser la perte ? Les boulangers sont-ils les seuls à souffrir de la cherté ?  C’est une chaîne à l’évidence.  Chacune des parties doit en  bénéficier.  C’est la règle du marché. Mais s’enrichir en faisant saigner  les autres n’est  que de  l’illégalité.   Il y  a lieu de revoir les textes. D’ailleurs, des boulangers trichent sur les produits  de fabrication et  le gramme.   Les autorités le savent bien. «A partir de ce moment, c’est vrai que nous avons constaté un peu de désordre dans le pays où le poids du pain des fois n’est pas respecté parce que plusieurs trichent là-dessus», a confirmé  le directeur général du commerce.   Par exemple, il  y a quelques mois en arrière, le préfet du département du Littoral et de l’Atlantique  a été alerté sur l’utilisation du bromate de potassium par certains boulangers pour fabriquer du pain  produit dont le dosage toxique et cancérigène n’est pas moindre.  Or, l’arrêté interministériel N°004/Micpe/Mfe/Dc/Sg/Dcci/Dce du 06 janvier 2005 portant interdiction de la commercialisation de certains adjuvants en République du Bénin a été clair. Outre le contenu des textes qui méritent  d’être  actualisés,  leur obsolescence s’y ajoute. Pour un secteur qui évolue avec  la mobilité économique ou le cours  du temps, il faudra tenir compte de courte durée pour  modifier les textes. En tout cas, Servais  Padonou a  confié que des propositions sont faites au gouvernement pour aller dans ce sens. Wait and see !

Bienvenue Agbassagan

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