LE MATINAL
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Richard Allossohoun à propos de la déclaration de l’Eglise Catholique après le vote de la loi sur l’Ivg : « L’Eglise est dans son rôle,…le législateur également »

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Le député Richard Allossohoun n’est pas resté insensible à la déclaration de l’Eglise Catholique après le vote de la loi sur l’Ivg au Bénin. Selon lui, l’Eglise catholique, aussi bien que le législateur, chacun est dans son rôle. Lire ci-dessous l’intégralité de l’entretien qu’il a accordé à votre journal « Le Matinal ».

Le Matinal : Quelles sont vos impressions sur la polémique surtout celle de l’Eglise catholique après le vote de cette loi qui a été votée pour légaliser l’Interruption volontaire de grossesse au Bénin ?

En tant que législateur, je pense que ma conscience n’est pas du tout entamée. Donc, par rapport au vote que j’ai exprimé, en ce qui concerne l’Interruption volontaire de la grossesse. Ma conscience n’est pas entamée parce que je suis conscient d’avoir exprimé un bon vote et je suis conscient parce que cette loi permettra donc de sauver beaucoup de vies humaines.

Comprenez-vous cette posture de l’Eglise catholique pour une loi qui existait depuis 2003 ?

L’Eglise catholique est dans son rôle parce que dans les dix commandements de Dieu, c’est interdit de tuer et aussi la vie est sacrée. Même dans la Constitution, c’est dit comme cela. Et donc, l’Eglise ne peut pas avoir la même position que le législateur. Mais la loi ne renvoie pas toutes les femmes à l’avortement. Non ! C’est toute la différence qu’il faut faire, entre ce qui est fait et ce qui se faisait. Ce qui se passait avant, c’est que cela se passait dans la pure clandestinité. Et même si on ne légiférait pas, l’avortement a lieu tous les jours. Peut-être qu’à l’instant où nous sommes en train d’échanger vous et moi, peut-être que quelqu’un est en train de faire un avortement quelque part. Nous avons vécu et nous avons vu de nos femmes, de nos filles chauffer du coca-cola avec des cristaux de potassium juste pour sauter une grossesse. On a vu dans des familles, des filles prendre une quantité exagérée de nivaquine ou de cédaspire juste pour enlever une grossesse et cela tourne au vinaigre. Les statistiques montrent aujourd’hui que les femmes qui meurent et le fœtus, le nombre croit d’année en année. Si la loi a été votée, c’est pour permettre à celles-là qui désirent interrompre une grossesse d’être à l’aise, d’être protégées par la loi pour aller faire son avortement. Le médecin qui doit s’en charger désormais, doit être un spécialiste et est couvert par la loi pour bien appliquer sa prestation. Donc, c’est juste ce qui est fait. Maintenant, s’il y en a, qui pense que l’avortement n’est pas une bonne chose, qu’ils s’abstiennent. La loi ne force pas les gens à aller avorter. On n’avorte pas parce qu’on tombe grosse, non ! Il y a des conditions. Donc, l’Eglise catholique a raison. Elle ne peut que dire cela. Mais, moi en tant que législateur, je pense que nous avons voté cette loi pour sauver des vies.

La population a l’impression que la loi vient donner quitus aux femmes de recourir à l’Ivg pour un “oui” ou un “non”. L’on se demande si l’avortement est dépénalisé au Bénin?

Non ! Si quelqu’un pratique un avortement qui ne cadre pas avec ce que le législateur a prévu, il va subir la rigueur de la loi. Si avec cela, quelqu’un se cache pour faire l’avortement de façon clandestine, il va subir la rigueur de la loi. Il faut que nous passions désormais à la phase de la grande sensibilisation afin que nos filles, nos parents et nos mamans, sachent que désormais pour un « oui » ou un « non », ou s’ils sont réellement dans le besoin de se faire avorter, au vu de la loi, ils peuvent s’adresser à un centre de santé, et on pourra les orienter vers un spécialiste qui peut être soit un gynécologue ou un médecin spécialiste qui pourra véritablement faire un avortement médicalisé, bien suivi et bien fait pour sauver tout au moins la vie de la femme désireuse d’avorter. Il faut que nous passions désormais à la sensibilisation de grande masse pour faire comprendre les tenants et les aboutissants de cette loi que nous venons de voter mais qui malheureusement, qui devrait avoir l’assentiment de presque toutes les femmes, mais nous constatons malheureusement qu’il y a beaucoup d’intoxication. Il faut qu’on en parle.

Propos recueillis par A.T

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