LE MATINAL
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Réouverture de la Sitex : Un maillon essentiel du tissu industriel ressuscité

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La Société des industries textiles du Bénin (Sitex) ne mettra pas la clé sous la porte. Ainsi en a décidé le gouvernement au cours de son conclave hebdomadaire du mercredi 27 octobre 2021. La société n’ira donc pas à sa perte. Ses capitaux industriels, matériel, humain et son patrimoine seront sauvés par la Société Dongaco S.a.

En actant la renaissance de la Société des industries textiles du Bénin (Sitex), le gouvernement a fixé de nombreux objectifs à la Société Dongaco S.a. pour redonner vie à cette unité industrielle, et surtout en faire un outil de développement. Cependant, la situation actuelle de la société n’est pas si reluisante. En effet, l’entreprise est sujet à une série de difficultés qui annonçait une fin imminente, mais le gouvernement du président Patrice Talon a pris l’engagement d’assurer la pérennité de l’activité de transformation du coton béninois avec l’acquisition, par la nouvelle société, d’équipements modernes. Cette option s’est imposée à l’Exécutif au regard de l’état de la trésorerie de l’entité. L’état des lieux de la Sitex renseigne qu’elle a perdu l’essentiel de son marché du fait de n’avoir pas su s’adapter à ses besoins en faisant les investissements nécessaires. Mieux, il ressort de l’examen des états financiers que la situation financière de la société se dégrade d’année en année. Le capital social est estimé à 2 500 000 000 de FCfa pour – 4 446 133 307 de capitaux propres, un total du passif exigible évalué à 5 989 925 466 de FCfa, alors que le total du bilan est évalué à 1 543 792 169 de FCfa. Au niveau des données d’exploitation on note un chiffre d’affaires de 168 245 796 de FCfa pour un résultat net de – 85 346 733 F Cfa. En clair, pour les 203 employés qui constituent le personnel permanent de la Sitex, c’est le désarroi et le tollé. En effet, ces chiffres démontrent la gravité de la situation de la Sitex qui d’ailleurs, se trouve en cessation de paiement, et donc ne parvient plus à payer ses fournisseurs y compris le commissaire aux comptes.

L’état des lieux avant la fermeture

La Société des industries textiles du Bénin société d’Etat, créée en 1987, disposait d’une usine de filature de 21 640 broches et d’un atelier de tissage de 720 métiers à navettes battant 166 coups à la minute, tous de technologie classique à l’époque et d’origine chinoise. L’usine a connu presque une cessation d’activité depuis 2004, pour de diverses raisons, parmi lesquelles, le vieillissement des équipements, l’insuffisance de laize des métiers à tisser… À ce jour, la situation de la société est gravement compromise. Les capitaux propres sont largement en dessous de la moitié du capital social, la gestion de la société est déficitaire aggravant les capitaux propres négatifs. Les engagements de la société, tant envers les fournisseurs, l’État, la banque, la Cnss ou le personnel sont très élevés (5 989 925 466 de FCfa). Avec la détermination dont fait montre le gouvernement béninois et les résultats engrangés dans la culture du coton, au point de faire du Bénin, le premier producteur africain, il fallait parer au plus pressé et surtout, redonner un nouveau souffle au développement de l’industrie textile, ce qui passe par la réhabilitation de l’usine textile de Sitex. Un impératif sur lequel le gouvernement n’a pas lésiné en faisant appel à un repreneur dont la mission est largement précisée à travers un cahier des charges.

Les exigences faites au repreneur

Afin de la réhabiliter et relancer l’activité industrielle dans la Commune de Lokossa, ville abritant la Sitex, le gouvernement a conclu un accord avec la Société Dongaco S.a. qui a soumis une offre de reprise dans le cadre de la mise en concession du site abritant la Sitex S.a. pour la reprise de l’exploitation. Aux termes dudit accord, Dongaco S.a. va conserver le nom commercial, la marque Sitex, en continuant à assurer la présence de cette entité pionnière dans la transformation du coton fibre sur le marché national, régional et international ainsi que la filature industrielle et l’impression de marques. Elle doit aussi maintenir les emplois existants, en créer de nouveaux et générer de la valeur ajoutée pour l’économie béninoise en investissant durablement dans l’industrie de transformation. Le gouvernement béninois lui impose par ailleurs de racheter l’ensemble des stocks, matières premières, consommables, encours et produits finis correspondant à des demandes en instance. Ce faisant, la pérennité de l’activité de transformation du coton béninois sera assurée avec l’acquisition, par la nouvelle société, d’équipements modernes. Le repreneur disposera d’un délai de 18 mois pour faire les investissements nécessaires et mettre en exploitation l’usine à son plein potentiel. Dongaco S.a. est aussi assujettie au terme de l’accord pour la mise en exploitation de l’outil industriel, au paiement d’une redevance annuelle à verser à l’Etat, conformément aux textes en vigueur.

Abdourhamane Touré

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