LE MATINAL
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Projet modifiant et complètant la loi n°2003-04 du 03 mars 2003 de loi sur la légalisation de l’avortement : Wilfried Léandre Houngbédji reprécise l’initiative du gouvernement

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La position du Clergé catholique béninois face à la réforme de la loi relative à la santé sexuelle et reproductive a fait réagir le gouvernement. A la faveur du point de presse hebdomadaire du Conseil des ministres, tenue le mercredi 20 octobre 2021, à Cotonou, Wilfried Léandre Houngbédji a reprécisé la vision de l’Exécutif en introduisant à l’Assemblée nationale le projet modifiant et complètant la loi n°2003-04 du 03 mars 2003 de loi sur la légalisation de l’avortement.

Pour lui, le Clergé catholique béninois est dans son rôle en prenant position contre la réforme de la loi relative à la santé sexuelle et reproductive. Le contraire aurait étonné. Cependant, il affirme que l’Etat aussi est dans son rôle en posant des actes pour protéger la population. Wilfried Léandre Houngbédji avance qu’il ne s’agit pas pour le gouvernement de légaliser l’interruption volontaire de grossesse. Selon ses explications, la loi de 2003 a déjà prévu des cas d’interruption de grossesse qui peuvent s’apparenter à l’interruption volontaire de grossesse. « Quand vous êtes un gouvernement et vous observez que d’après les enquêtes démographiques et de santé que 59% des jeunes filles ont déjà eu des rapports avant l’âge de 18 ans. Cela signifie qu’il y a de plus en plus une précocité dans la découverte du sexe et dans l’activité sexuelle de la part de nos enfants », a fait observer le porte-parole de l’Exécutif. Cet état de choses, ajoute-t-il, conduit à des grossesses non désirées ; lesquelles à leur tour conduisent à des avortements clandestins réalisés le plus souvent dans des conditions non indiquées à telle enseigne que « d’après les mêmes chiffres, 20% des décès maternels se rapportent aux jeunes filles». Pour Wilfried Léandre Houngbédji, c’est un désastre auquel il faut apporter une solution. A l’entendre, ce que fait le gouvernement est une solution holistique. « Prendre des lois pour protéger les femmes au Bénin ; réprimer le viol, le harcèlement, le mariage précoce, le mariage forcé, c’est d’abord un niveau de solution », a expliqué le Secrétaire général adjoint du gouvernement. Mais l’autre niveau aussi, poursuit-il, c’est d’encadrer l’interruption volontaire de grossesse qui était déjà dans la loi de 2003 en tenant compte de l’évolution de la société. Parce qu’à l’évidence, explique-t-il, la société évolue. « Les pratiques évoluent et il faut que l’Etat apporte des solutions conséquentes. Ce qu’il fait n’est point une libéralisation de l’interruption volontaire de grossesse, mais c’est une réponse adéquate aux problèmes qui se posent à notre société, à nos populations et c’est du ressort de l’Etat d’y apporter des solutions concrètes », a-t-il insisté. Au total, l’initiative du gouvernement vise davantage la protection de la femme béninoise, la protection de la jeune fille dont la place est à l’école et pas dans un foyer, ni dans la rue. « Parce que du fait d’une grossesse non désirée elle aurait abandonné les classes étant devenue la risée de son quartier et de ses amies », a souligné Wilfried Léandre Houngbédji. « Même quand on est adulte et que des conditions particulières vous amène à l’interruption d’une grossesse et que vous n’avez pas le choix vous décidez. Mais si vous aviez le choix entre une interruption clandestine de grossesse dans des conditions qui exposent la vie de la femme et une interruption de grossesse organisée, sécurisée faite par des spécialistes équipés qui préservent la vie du sujet, le choix il est vite fait », a-t-il laissé entendre. Et au fond, détaille-t-il, ce que fait le gouvernement c’est d’éviter cette aventure à nos filles, à nos enfants, à nos sœurs d’avoir à aller se confier à des mains non expertes, ou même quand elles le sont, généralement parce que dans la clandestinité, ne s’assurent pas que toutes les conditions idoines soient remplies avant de pratiquer ces actes.

Odi I. Aïtchédji       

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