LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Plus d’un an après ses écarts avec la mouvance : Le député « Souwi » rase les murs  

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Il a disparu du Parlement au cours du premier trimestre de l’année 2021, à la suite de ses déclarations tendancieuses contre son parti politique, l’Union progressiste (Up), au sujet des parrainages pour l’élection présidentielle de 2021 au Bénin. En janvier 2022, il est réapparu et tient de petites concertations avec ses soutiens, dans le but de retrouver sa place auprès de ses camarades de l’Up et donc de la mouvance présidentielle. Mais depuis, aucune porte ne s’ouvre, apprend-t-on.

Le député Amed Affo Obo Tidjani, alias Souwi est dans de beaux draps. Il n’est plus certain d’être de la course pour les prochaines élections législatives au Bénin. Le député qui avait accusé son parti, l’Union progressiste (Up) en 2021 lors de la Présidentielle de ne pas lui avoir laissé la main libre pour donner son parrainage au candidat de son choix est aujourd’hui dans l’embarras. Il s’est mis dans une situation qui se retourne finalement contre lui. Après ses clashes et même sa vaine action devant la Cour constitutionnelle contre sa formation politique l’année dernière, l’élu parlementaire a quitté le pays avant d’y revenir 10 mois plus tard, pour reprendre sa place à l’Assemblée nationale.

Contre toute attente, le parti Union progressiste (Up), connu comme étant la plus grande formation politique du Bénin, n’a pris aucune disposition officielle contre ce député. En tout cas, nous n’avons connaissance d’aucune sanction ou mesure prise à l’encontre de « Souwi » après son acte de désolidarisation et de désobéissance envers le parti. Beaucoup avaient même prédit son exclusion de l’Union progressiste. Mais à ce jour, rien. Sauf que l’intéressé lui-même, certainement gêné de son attitude, a du mal à réintégrer les rangs. On apprend qu’il cherche, en vain, par tous les moyens, à rencontrer, les dirigeants du parti. Aux dernières nouvelles, il aurait abandonné la piste d’une rencontre avec les responsables du parti et chercherait à avoir des entrées à la présidence de la République. Pour quoi faire ? Personne ne sait.

Mais sans prise de contact officielle avec le parti, le député serait en train d’organiser de petites rencontres avec les quelques soutiens qui lui restent pour leur faire croire qu’il n’a rien contre son parti et qu’il en demeure un élu. Les responsables locaux du parti Up quant à eux, ne l’ont pas rejeté. Ils ne refusent pas d’échanger avec lui ; du moment où le parti n’a pris aucune mesure contre l’élu. On apprend qu’il est habituellement associé à des actions au niveau de sa circonscription électorale, la 14ème, même si tout le monde sait qu’il n’est plus en odeur de sainteté avec le parti.

Législatives de 2023 : le souci de « Souwi »

Selon un ancien proche du député, les élections s’annoncent, et il chercherait des moyens pour faire endormir le parti afin de se faire positionner et reprendre sa place à l’hémicycle. « « Souwi » ne changera pas. Il a toujours fait ce jeu avec les partis politiques qu’il fréquente », nous a confié cet ancien proche du député.

Effectivement, le parcours politique de ce député en dit long. Il avait eu des difficultés avec les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) au moment où cette force politique contrôlait le pouvoir avec le président Yayi Boni. C’est à l’occasion de cette mésentente qu’il avait rejoint l’Alliance Abt pour se faire élire député à l’Assemblée nationale, la première fois en 2015. En cours de chemin, il désobéit à son parti et à son leader, Abdoulaye Bio Tchané, à l’occasion du vote d’une loi portant révision de la Constitution du Bénin en 2017, soit deux ans après son élection. Il avait été sanctionné par le chef de son parti, Abdoulaye Bio Tchané. C’est alors qu’il avait entrepris des démarches pour se taper une place toujours au sein de la mouvance, mais avec un autre parti politique : l’Union fait la Nation (Un), fondue plus tard dans l’Union progressiste. Comme à son habitude, il réussit à se faire positionner, tête de liste par l’Union progressiste en 2019 dans la 14ème circonscription électorale et se fait élire député une seconde fois.

« Chasser le naturel, il revient toujours au galop », dit-on. Le député, comme il l’avait fait avec l’alliance Abt en 2017, s’est désolidarisé en 2021, soit deux ans après, et se retourne contre son propre parti politique. Ce qui retient notre attention ici, et qui parait étonnant, c’est le nombre d’années après lequel ce député se retourne souvent contre son parti. Avec Abt, il l’avait deux ans après son élection. Avec l’Up, c’est pareil. A qui le tour prochainement ?

Br ou « Les démocrates » ?

Que va-t-il faire ? Rester à l’Up même s’il n’est plus certain d’être accepté candidat ? Aller au Bloc républicain (Br) ou carrément, réaffirmer son soutien à Réckya Madougou en adhérant à son parti, « Les démocrates »?

D’abord, chuter au parti Br ne sera pas aisé pour le député Ahmed Affo Obo Tidjani. C’est parce qu’en politique, tout est possible. Sinon, l’on pouvait affirmer et jurer que ce député ne pourra adhérer au parti du cheval blanc cabré. Et pour cause ! Le député Souwi est originaire de la Commune de Bassila, dans la 14ème circonscription électorale qu’il partage avec Abdoulaye Bio Tchané, premier responsable du parti Bloc républicain. Plus haut, on rappelait qu’il avait trahi et lâché ce leader grâce au parti avec lequel il a été élu pour la première fois député de sa vie. Il l’avait abandonné pour créer un micro parti (Epr) avant d’aller à l’Union fait la Nation puis à l’Up plus tard. Ses anciens camarades de l’alliance Abt ne lui ont jamais pardonné cette attitude. Et ce sont eux, pour la plupart, avec leur leader Bio Tchané, qui sont encore aujourd’hui au Bloc républicain. Il les avait combattus en 2019 sous l’emblème Up pour maintenir son siège au Parlement. En 2020, la même bataille avait eu lieu, lors des Communales. Les militants et leaders Br lui en veulent toujours pour son infidélité et instabilité.

Ensuite, pour « Les démocrates », aujourd’hui minoritaires dans la 14ème circonscription électorale, « Souwi » est leur premier adversaire politique. Ils étaient deux frères de Bassila, Nouréini Atchadé et lui, à être à l’Assemblée nationale de 2015 à 2019. Aujourd’hui, il a pu, par sa ruse, maintenir son siège tandis que l’autre l’a perdu et n’a aucune certitude de le retrouver de sitôt. Mieux, même si « Souwi » devait rejoindre « Les démocrates », il n’aura aucune chance d’être positionné sur la liste, au risque de pénaliser les potentiels candidats des autres Communes qui composent la circonscription électorale à savoir : Ouaké et Copargo. L’équilibre dans cette région veut souvent que les trois Communes se partagent les deux sièges à pourvoir. Du coup, l’adhésion à « Les démocrates » ne rapporterait rien au député, sauf s’il entend y aller pour se venger simplement de ses anciens alliés, du Br et de l’Up. 

Départ de « Souwi » : des conséquences

 pour l’Up ? 

Dans la 14ème circonscription électorale, le député Amed Affo Obo Tidjani est d’un poids politique non négligeable. Il serait aberrant de ne pas reconnaître sa capacité de mobilisation et une certaine maîtrise du terrain politique dans la zone. Mais ça, c’était avant que les contextes politiques de cette circonscription électorale ne changent. D’abord, depuis quelques années, la jeunesse des communes de la 14ème se plaint de ne pas se sentir concernée ou de voir le développement de leurs localités à travers le siège de « Souwi ». Beaucoup de ces jeunes cadres estiment qu’ils veulent un représentant qui évoque dignement les questions de développement des Communes de Bassila, Copargo et Ouaké au Parlement. Certains sont mêmes dérangés de voir le député de leur circonscription briller seulement par des revirements politiques spectaculaires à des moments décisifs de l’histoire du pays.

Ensuite, il y a que le député « Souwi » avait souvent eu pour soutiens fidèles, certains acteurs politiques de sa zone. Aujourd’hui, ils ne sont plus au complet. Du moins, pas avec lui. Certains ont été appelés à des postes de responsabilités qui ne leur donnent plus le temps d’occuper véritablement le terrain politique et d’autres, mécontents de l’attitude du député, sont restés fidèles à leur parti, l’Up.

Enfin, il y a aussi que l’actualité au sein du parti a évolué ces derniers mois, avec des adhésions des conseillers communaux à Copargo. Il a également une très bonne assise à Ouaké avec aux commandes une ancienne ministre de la République.

Au regard de ces évolutions, il est difficile de conclure que, si éventuellement, « Souwi » quittait, ce serait le déluge à l’Up dans la 14ème circonscription électorale.

Abdourhamane Touré

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