LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Opérationnalisation de la Cour des comptes : Patrice Talon a réussi un exploit

0

(Retour sur les obstacles de l’existence de la Cour des comptes)

Appelée de tous les vœux, la Cour des comptes du Bénin est désormais opérationnelle. Avec les derniers projets de lois adoptés à l’unanimité par les députés de la 8ème législature au début du mois de juin 2022, les choses se précisent pour l’opérationnalisation sans difficulté de la Haute juridiction en matière de contrôle et de jugement des comptes publics. En la constitutionnalisant, Patrice Talon a brisé le mythe de l’impossible.  

Au cours d’un entretien diffusé sur la chaîne de télévision nationale  ‘’A bâtons rompus’’, le président  Patrice Talon est revenu sur le rejet de l’examen du projet de loi sur la révision de la Constitution par l’Assemblée nationale. Face à trois journalistes le samedi 8 avril 2017, il a donné ses impressions sur cette actualité. « J’ai donné la possibilité aux parlementaires, à la limite d’enlever tout ce que j’ai proposé. Pour quelle raison voulez-vous que je ramène encore ce projet ? L’examen du projet donne la liberté aux députés de l’amender comme ils le souhaitent. Ils n’ont pas voulu, ils l’ont bloqué pour le principe politique. La révision de la constitution initiée par le président Patrice Talon, c’est fini », a déclaré Patrice Talon. « Ce projet de révision que j’ai porté avec tant de ferveur, tant de foi […] c’est terminé, c’est derrière moi », a-t-il laissé entendre avant de préciser : « Bien que j’éprouve une certaine tristesse [du] fait que le projet n’ait pu être apprécié, analysé, débattu, je n’éprouve aucune amertume. Je m’incline. C’est cela mon rôle, car je suis un démocrate. J’appartiens à la Nation, la Nation ne m’appartient pas ».

Une autre tentative de  révision en 2018

Les députés en phase avec la révision de la Constitution pour l’existence de certaines pratiques et de certaines institutions comme la Cour des comptes n’ont pas abandonné le projet. Après l’échec du mois d’avril 2017, ils ont poursuivi la marche. En juin plus précisément à la date du 28 juin 2018, le président de l’Assemblée nationale du Bénin en cette période, Me Adrien Houngbédji a annoncé avoir reçu une proposition de huit députés de la majorité parlementaire tendant à amender la Constitution du 11 décembre 1990. Cet amendement  porte sur quatre points essentiels à savoir la  suppression de  la peine de mort, la représentativité des femmes au Parlement, l’alignement des mandats et la  Cour des comptes. « La première porte sur la consécration de la suppression de la peine de mort entérinée par la loi portant code pénal votée le 4 juin dernier. La proposition tend à amender l’article 15 de la constitution relatif au droit à la vie et au respect de l’intégrité physique de tout individu. Le deuxième point porte sur l’amélioration de la représentativité des femmes au Parlement par l’ouverture d’une possibilité de quota dont les modalités seraient arrêtées dans le code électoral. La troisième proposition tend à « aligner les mandats et regrouper les élections pour aboutir à l’organisation d’élections générales » afin d’éviter que le pays soit « constamment en période de campagnes électorales et d’élections ». L’amendement de l’article 80 proposé consistera notamment à porter la durée du mandat des députés à cinq ans à compter de la prochaine mandature, alors qu’elle est actuellement de quatre ans. Enfin, la quatrième proposition concerne la création de la Cour des comptes qui est une exigence de l’Uemoa. Celle-ci, en 2000, avait imposé aux États de créer une telle cour au plus tard le 31 décembre 2002. Seuls le Mali et le Bénin sont à la traîne sur cette exigence communautaire », a expliqué Jeune Afrique sous la plume de Fiacre Vidjingninou.

Mais le jeudi 5 juillet, la révision n’a pas prospéré malgré le fait que la procédure a évolué. En effet, le  4 avril 2017, 23 députés avaient bloqué la phase préliminaire de l’examen du projet. Comme le prévoit la Constitution, la procédure préalable de recevabilité a été votée par les trois-quarts des députés(62). Mais le bloc des 23 ayant connu des défections, quelques-uns ont rejoint la majorité  parlementaire. Ce qui a permis de  recueillir  62 voix sur les 66 nécessaires pour la valider (les quatre cinquièmes). Sur les 82 députés, 19 de l’opposition ont voté contre le texte et un s’est abstenu. « Nous sommes une minorité persécutée et même vilipendée, mais nous faisons notre travail avec beaucoup de joie, de foi et de sourire », avait  déclaré Guy Dossou Mitokpè, député de l’opposition. « Ce vote est purement politique, je ne comprends pas pourquoi des députés de l’opposition ont voté contre alors qu’ils ont déclaré, lors des débats, que les amendements soumis constituent des points positifs pour notre pays », s’interroge avec désolation Pélagie Lamissi, un des leaders des mouvements de jeunes soutenant l’action du gouvernement. « Au Bénin, une coalition pour détruire prospère mieux qu’une coalition pour réussir », se désole Maxime Akakpo, ancien président de la chambre des comptes qui, depuis des années, lutte âprement pour l’avènement d’une Cour des comptes au Bénin.

2019 : la délivrance

Pour réussir à faire passer la révision de la Constitution, le gouvernement a pris l’option d’entendre les différentes composantes politiques du Bénin et de consigner les propositions pour en faire un projet de loi. C’est dans ce cadre qu’un dialogue politique a été organisé.

Bienvenue Agbassagan

La suite dans la prochaine parution

Discours de Patrice Talon à l’ouverture du dialogue politique

Le Chef de l’État béninois a prononcé ce jeudi 10 octobre 2019 au Palais des Congrès de Cotonou son discours d’ouverture du dialogue politique. Les travaux de ce conclave des acteurs politiques béninois prendront fin le samedi 12 octobre 2019.

• Madame et Messieurs les Présidents des Institutions,

• Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

• Mesdames et Messieurs les responsables de partis politiques,

• Mesdames et Messieurs les Délégués au Dialogue Politique,

• Distingués invités,

Permettez-moi d’exprimer à chacun de vous, au nom de la République tout entière, ma satisfaction et ma reconnaissance pour votre présence qui témoigne de votre amour et de votre disponibilité pour notre cher pays.

Notre rencontre de ce jour, loin d’être le signe d’un quelconque stress de notre démocratie, s’apparente à mon sens, à une exigence de check-up quand survient une quinte de toux d’une résonnance inhabituelle.

Mesdames et messieurs,

Notre système partisan était devenu nuisible pour notre pays, tel un ongle incarné dans l’orteil.

Fallait-il le tailler avec courage dans la douleur ou ne rien faire au préjudice indéfini du bien-être ?

Avec honneur et responsabilité, la 7ème législature de notre pays a vaincu la fatalité en réformant notre dispositif partisan par le vote à la quasi-unanimité de ses députés toutes tendances confondues, d’une nouvelle charte des partis politiques et d’un nouveau code électoral pour répondre à notre besoin unanime d’assainissement.

A la mise en œuvre de ces lois, Mesdames et Messieurs, nous nous sommes déchirés au point de compromettre notre cohésion.

Nous, acteurs politiques, avons semé à notre propre égard, le doute, la méfiance et la défiance dans l’esprit de nos concitoyens.

Si les évènements des mois d’avril, de mai et juin n’ont pas remis en cause le processus démocratique de notre pays, encore moins son édifice républicain, ils auront néanmoins révélé une certaine inadéquation entre l’idéal unanimement partagé et notre capacité à nous adapter tous aux exigences de cet idéal.

Mesdames et messieurs,

Notre pays nous appelle au réalisme, à la solidarité, à la cohésion. Aussi indiqués qu’ils puissent paraître, notre charte des partis politiques et notre code électoral nous ont causé du tort, parce que bon nombre d’entre nous, à la mise en œuvre, ne s’y sont pas retrouvés.

Aussi apparaît-il désormais pertinent que les acteurs politiques se retrouvent pour apprécier leur application, réfléchir et échanger sur les adaptations possibles à y apporter en vue d’une meilleure et réaliste organisation de l’espace politique et de la compétition politique, permettant le renforcement de l’unité nationale et de la concorde, tout en préservant l’indispensable assainissement des pratiques politiques.

C’est convaincu de cet idéal que j’ai convoqué les présentes assises dédiées au Dialogue Politique ainsi que je m’y suis engagé le 20 mai dernier devant notre peuple, puis réitéré le 15 juillet, lors de ma rencontre avec certains responsables politiques.

Mesdames et messieurs,

Le dialogue politique auquel je vous convie trouve sa justification dans la volonté de notre peuple de voir ses acteurs politiques se hisser à la hauteur des défis qu’imposent la construction de l’Etat et la consolidation de la nation.

Il s’inscrit dans mon souci permanent d’associer les acteurs politiques à la recherche des compromis aux questions politiques essentielles, notamment électorales, dont la résolution est indispensable à notre cohésion et à notre marche vers le progrès.

Sa finalité réside dans les recommandations responsables qu’il vous appartiendra de formuler à mon endroit.

Je suis convaincu que la foi qui vous anime et l’engagement politique responsable qui est le vôtre, nous permettront de trouver les solutions qui renforcent davantage nos institutions et les éloignent de toutes les formes de perversion et de régression.

Nous savons tous et il n’est pas superflu de le rappeler ici ce matin, que pour mettre fin aux pratiques qui retardent son développement et créer les conditions de la prospérité en vue d’offrir de meilleures conditions de vie à ses enfants, notre pays a besoin de réformes d’envergure, telle que la réforme du système partisan.

En effet, le système partisan tel qu’institué, perçu et pratiqué depuis 1991, ne fournit pas toujours les moyens politiques de résilience aux défis institutionnels, économiques et socio-politiques.

Il peine surtout à mobiliser durablement en nombre suffisant dans des ensembles homogènes, les ressources politiques qualitatives nécessaires à la performance de l’Etat dans la réalisation de ses missions essentielles.

L’intérêt n’est-il pas élevé de réformer notre modèle pour l’adapter à nos besoins de bonne gouvernance, à travers l’instauration de règles contraignant à la constitution de grands ensembles politiques sains, animateurs exclusifs de la compétition politique ?

Mesdames et Messieurs,

Dans la vie d’une Nation, de telles rencontres ne sont pas fréquentes, même si elles sont souhaitées. C’est pourquoi, je félicite les délégués des différents partis politiques ici représentés pour leur désignation, et les invite à saisir la présente occasion pour explorer toutes les pistes possibles d’amélioration de l’arsenal juridique régissant notre dispositif électoral et pourformuler des recommandations pertinentes pour y parvenir.

A ce propos, je ne doute pas que le sens du devoir vis-à-vis de la République prévaudra lors des échanges et que sera préservé l’essentiel : l’impérieuse nécessité de réformer nos pratiques politiques et partisanes afin d’améliorer la gouvernance générale du pays.

Ainsi nous donnerons à notre peuple des raisons de continuer à croire en nous, acteurs politiques, car il aura compris que les réformes difficiles mais nécessaires ne nous épargnent pas non plus.

Mieux, nos concitoyens apprécieraient bien de voir que nous consentons,nous aussi, les sacrifices nécessaires au développement de tous comme nous le leur demandons.

En tout état de cause, je veux ici vous rassurer, Mesdames et Messieurs les Délégués, que mon Gouvernement appréciera avec diligence la pertinence et l’opportunité de vos recommandations en vue d’accomplir les actes qui relèveront de sa responsabilité.

Je ne doute pas qu’il en sera de même pour l’Assemblée nationale.

Je ne ménagerai aucun effortpersonnel à cet effet.

Mesdames et Messieurs

Je voudrais, pour finir, vous remercier d’avoir accepté de vous investir dans cette mission de haute portée nationale.

Pour garantir le bon déroulement de vos échanges dans le respect mutuel, j’ai chargé Monsieur Dorothée Cossi SOSSA dont l’expérience intellectuelle, politique et professionnelle est connue de tous, d’en assurer la conduite et la facilitation.

A ses côtés officieront Monsieur Victor Prudent Topanou, que j’ai désigné comme premierRapporteur, et deux autres que vous désignerez en votre sein.

Comptant sur l’engagement de chacun et de tous au service de la République, notre bien commun, je déclare ouvert le Dialogue Politique dont j’aurai le bonheur de recevoir, ici même samedi prochain à midi, les conclusions.

Vive la classe politique !

Vive le Bénin !

Je vous remercie.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez refuser si vous le souhaitez. Accepter Lire la suite

buy windows 11 pro test ediyorum