LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Mécanisation agricole : Le Bénin au pas sous Patrice Talon

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La transformation agricole  radicale de l’agriculture africaine  afin d’éradiquer la faim  à l’horizon 2063  souhaitée par l’Union africaine prend ses bonnes marques au Bénin. Le passage de l’Anama à la SoNama en 2021 montre que le Bénin se met au pas et sera au rendez-vous à la date échue.

Le Bénin  est désormais  prêt pour  un véritable périple agricole à forte  productivité, grâce au président Patrice Talon. Les défis de la mécanisation et de la motorisation agricole,  gages  d’une agriculture autonome et durable  développée peuvent  être remportés.  En effet, les études et recherches  sont unanimes   sur cette optimale solution.  C’est une révolution  qui doit embrasser les outils et les exploitations.   Si la traction animale, introduite dans les années 1950, a donné   des retombées    de son époque,  la pression démographique qui a généré les besoins d’alimentations,   engloutit  son potentiel d’hier et le rend intitule aujourd’hui.  Plusieurs facteurs ont plombé l’essor  agricole en Afrique  malgré le fait que les conditions  pour l’efficacité et l’efficience de la politique adoptée    soient bien remplies : de vastes étendues de terres arables et peu de contraintes topographiques.   Les rapports  des  organismes internationaux régionaux et sous régionaux révèlent   que toutes les  tentatives   se sont malheureusement soldées par des échecs.  Primo, ce sont    des contraintes environnementales, des barrières sociales ou culturelles, des risques de voir le chômage augmenté dans les zones rurales, etc. Deuxio, les principaux fournisseurs internationaux des machines agricoles   sont en Europe et  en Amérique (l’Argentine, au Brésil, en Chine, en Inde, en Turquie et ailleurs).  Tertio,  la réparation de ces équipements  chers après usage est  un fardeau.  Non seulement  les pièces de rechange   ne sont pas à portée de main , mais  les mécaniciens locaux spécialistes dans le domaine sont   d’une rareté  inquiétante. Mais aussi il faut résolument  s’engager  dans la course. Le Benin s’y est mis.

Bénin Tracteurs : le rêve étranglé

sous Yayi Boni

Décembre 2014, le Bénin a construit  en collaboration avec l’Inde, l’usine d’assemblage et de montage de matériels agricoles à Ouidah  baptisée ‘’Bénin Tracteurs’’. C’est une société mixte créée par une convention de partenariat public-privé, entre l’État béninois et la firme indienne Angelique international limited (Ail). C’était le début d’une belle aventure agricole.  La flamme qu’elle a suscitée  et le discours exaltant  des autorités du pays à  l’inauguration ont forgé dans le cœur des agriculteurs assoiffés de la mécanisation un spasme de joie. «C’est un joyau qui viendra renforcer le paysage industriel du Bénin et de Ouidah. Il s’agit donc d’un évènement de haute portée économique et sociale pour les populations de Ouidah»,  avait dit Sévérin Adjovi, maire de la cité historique à l’époque. «La mécanisation couplée avec la maîtrise d’eau pourra permettre de produire sur douze mois et d’accroitre sensiblement la production agricole. Les producteurs peuvent désormais se rassurer que le remplacement des dabas et des houes par les matériels agricoles performants est une réalité au Bénin», avait déclaré El Hadj Issa Azizou, ministre en charge de l’agriculture avant d’ajouter «L’usine de Ouidah, c’est environ 10 tracteurs montés dans la journée, 180 à 200 emplois directs». Dès sa création, le gouvernement de Boni  Yayi a fait une commande de 500 kits de tracteurs. Il s’agit de tracteurs de 60 chevaux, de remorques de 5 tonnes et de deux dispositifs de disques : les disques de labour et les disques « herses » qui servent à ameublir le sol.

Ayant une capacité de 10 tracteurs par jour  50 jours   donc deux mois au plus, auraient suffi pour terminer la commande.  Par surprise, le 18 octobre  2015, le président directeur général d’Angélique international limited (Ail) Armel Koty, lors d’une audience avec le chef de l’État d’alors, Boni Yayi avait  déclaré « l’usine Bénin Tracteurs devrait livrer ses premiers tracteurs d’ici janvier 2016 ». La suite, tous les Béninois en sont témoins. 30 janvier 2019, le  ministre Oswald Homéky, porte-parole du gouvernement, jette  le pavé dans la marre, lors du compte rendu du conseil des ministres.A l’en croire, une mission de vérification s’est rendue  au siège de la société ‘’Bénin  Tracteurs’’  et  a rendu son rapport qui révèle des dysfonctionnements  et des insuffisances préoccupantes  quant à la constitution même de la société  et à sa gestion. Les constats  effectués  révèlent une production mensuelle de 21 tracteurs  ,  contrairement  à l’engagement de la société  d’en produire  au moins 100 par mois  pendant la première année d’exploitation de la chaîne d’assemblage et des pertes   cumulées s’élevant à la somme d’un milliard quatre cent  dix-neuf millions  neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille quatre centre dix-neuf  (1.419.999.419) Fcfa en deux ans d’exercices (2015-2017) soit  141, 90% du capital social. Prenant acte dudit rapport, le conseil a  instruit les ministres chargés des dossiers à l’effet de prendre toutes les mesures qui s’imposent  pour corriger les anomalies.

Talon  réssuscite la mécanisation agricole

 au Bénin

Dans une vision claire   loin d’une volonté exaltée à l’allure utopique,  le gouvernement du président Patrice Talon s’est attaqué avec  abnégation à un secteur agricole à forte improductivité, faute de mécanisation. En avril 2019, le conseil des ministres trouve la meilleure formule. Il  créa l’Agence nationale de  mécanisation  agricole. « Le gouvernement, à travers son programme d’action, met en œuvre une politique agricole visant à faire du secteur, le principal levier du développement économique de garantir de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’un pôle essentiel de création d’emplois. Or, le secteur, en dépit de l’augmentation constante de la production, reste confronté à de nombreuses difficultés liées entres autres, a un faible niveau de mécanisation agricole. En vue d’améliorer notablement les outils de travail et, par suite les rendements, à travers l’utilisation des matériels agricoles adaptés aux conditions agro-pédagogiques de nos terroirs, que le conseil a adopté le décret portant approbation des statuts de l’Agence nationale de la mécanisation agricole. L’opérationnalisation de cette agence permettra de relever, à termes, les défis actuels et futurs afin de faire face aux nouveaux enjeux du secteur, l’objectif  visé étant de rendre notre agriculture plus compétitive » précise le relevé du Conseil des ministres. Elle a pour mission d’assurer la mise en œuvre de la politique nationale de développement de la mécanisation agricole ainsi que la coordination des interventions en matière de mécanisation. A ce titre, elle a pour attributions de :  réaliser des  études en matière de mécanisation ; donner des avis techniques en matière d’acquisition de matériels, et équipements agricoles; contribuer à la mise en place des matériels et équipements agricoles en relation avec les structures compétentes former à l’utilisation et à la maintenance des matériels et équipements agricoles ; organiser des concertations entre les acteurs de la mécanisation agricole ;suivre, évaluer et capitaliser les interventions en matière de mécanisation ; identifier et mobiliser des partenaires au profit du développement de la mécanisation agricole; contribuer à mobiliser des ressources au profit du développement de la mécanisation agricole  en lien avec les ministères en charge du plan et des finances.

 Par ailleurs, la gestion quotidienne de l’agence est assurée par une direction générale. A sa tête un directeur   nommé par  décret pris en Conseil des Ministres, sur proposition du Conseil d’administration. Il assure la gestion  quotidienne et la bonne marche de l’Agence. Il  est responsable de l’exécution, de la coordination et de la gestion des activités de l’Agence dans le respect des orientations fixées par le Conseil d’administration. A ce titre, il coordonne les activités de l’Agence; procède au recrutement et au licenciement du personnel non agent de l’Etat dans le respect de la réglementation en vigueur ;signe les contrats de travail du personnel non agent de l’Etat de l’Agence ; élabore et fait adopter les documents de gestion de l’Agence par le Conseil d’administration ; représente l’Agence dans tous les actes de la vie civile notamment à l’égard des Tiers, veille à l’application correcte des procédures techniques, administratives, financières et  comptables  ;est l’ordonnateur du budget de l’Agence.

Au-dessus  de la direction se retrouve le Conseil d’administration, pour les orientations.  C’est le noyau dur. Raison pour laquelle à l’installation de ses membres le mardi 10 septembre 2019,  le ministre Gaston Dossouhoui est resté ferme. Dans un discours pointilleux, très évocateur à proportion de la mission révolutionnaire qui leur est confiée, le Ministre  en charge du portefeuille agricole a attiré l’attention des membres sur la délicatesse de la tâche.  Il  fait savoir que la tâche qui leur  incombe est délicate en ce sens qu’ils ne sont plus sur un terrain vierge, mais plutôt sur un terrain qui a été souillé par  des pratiques non orthodoxes. Il faudrait, à l’heure de la rupture, chercher à avoir un nouveau comportement pour, non seulement, effacer l’image négative des équipements agricoles du programme de la mécanisation agricole passé, mais aussi dans une approche de transversalité totale, réduire la pénibilité du travail de la paysanne et du paysan. Pour finir, il les a invités à travailler pour faire du Bénin une puissance agricole tout en insistant sur leur sens de rigueur afin de   choisir des engins de qualité mais aussi   pour la passation transparente des marchés.

La soif  d’une mécanisation sans réserve 

Intervenu dans le public mais aussi dans le privé,  est le nouveau prisme dans lequel le gouvernement a placé l’Anama. Pour y arriver l’identité juridique  est revue. Des cendres de l’Anama naît la Sonama Sa. En effet, créée en 2019, dans le but de renforcer la mécanisation de  l’agriculture, le Gouvernement a décidé de transformer l’Anama en une société d’Etat afin de lui permettre de réaliser des activités commerciales et industrielles, puis de contribuer de manière plus conséquente aux programmes de modernisation du secteur agricole. La Société nationale de Mécanisation agricole (Sonama) S.a, société anonyme avec Conseil d’administration, dotée d’un capital social de 1 milliard de FCfa, par affectation de quote-part du compte courant de l’Etat dans le bilan attesté par le commissaire aux apports lors de la création de l’Anama., est chargée de : contribuer à la mise en place des matériels et équipements agricoles en relation avec les structures compétentes ; former à l’utilisation et à la maintenance desdits matériels et équipements ;identifier et mobiliser des partenaires au profit du développement de la mécanisation agricole ; assurer des prestations de services en matière de mécanisation, de petite irrigation et d’équipements agricoles.

Bienvenue Agbassagan

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