LE MATINAL
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Libération des trottoirs dans le Zou : Le préfet promet des heures chaudes aux résistants

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Les trottoirs aménagés dans le cadre du projet asphaltage à Abomey et Bohicon ont été pris d’assaut par les riverains et autres marchands qui y exercent leurs activités commerciales. D’autres y installent carrément leur atelier de travail au mépris de tout sens de civisme. Un acte d’incivisme qu’on ne saurait tolérer. Dans le département du Zou, les maires et le préfet se donnent la main pour enrayer cette pratique.

La semaine pourrait être bien  difficile pour ceux qui ne veulent pas se plier aux injonctions de l’autorité pour libérer les trottoirs aménagés dans le cadre du projet asphaltage. Le préfet du département du Zou, Firmin Aimée Kouton compte descendre sur le terrain histoire de libérer manu-militari les trottoirs encore occupés par les résistants. «On a passé assez de temps à sensibiliser à travers des communiqués radio diffusée. Certains Maires ont également  pris des arrêtés pour interdire l’occupation de ces ouvrages. La répression va pouvoir alors commencer », annonce Firmin Aimée Kouton. A l’en croire, une action musclée est en perspective avec le Ddpr, les maires d’Abomey et de Bohicon pour siffler définitivement la fin de la récréation. En effet, le bien public est précieux et doit être respecté. Mais, force est de constater que les populations foulent au pied ce principe de base dans le Zou, en particulier dans les villes d’Abomey et de Bohicon en particulier. Ces dernières ont pris d’assaut les trottoirs à des fins commerciales. Ce qui est contraire aux objectifs du projet asphaltage. D’après les explications du préfet, ledit projet a prévu et réalisé de rues bitumées et pavées avec un réseau d’assainissement pluvial très pointu. Les trottoirs ont été alors aménagés pour permettre aux automobilistes de bien garer ou de bien stationner pour permettre aux piétons qui avaient l’habitude de passer sur la chaussée d’avoir suffisamment d’espace pour circuler librement afin d’éviter les accidents de circulation que l’on enregistre par inadvertance dans les agglomérations. Pour tromper la vigilance des policiers, les occupants des trottoirs utilisent de nouveaux systèmes qui consistent, selon le préfet, à s’installer avec de matériaux précaires de telle sorte qu’ils rangent tout dès l’apparition des forces de sécurité. Le paradoxe, ceux qui ont leurs boutiques exposent leurs articles sur le trottoir bien qu’il y ait d’espace à l’intérieur. « On n’a pas aménagé ces espaces pour des activités commerciales. Non ! Ce n’est pas un étalage», précise-t-il. Il poursuit ses clarifications en indiquant que les activités commerciales s’exercent dans les marchés et dans les boutiques et non sur les trottoirs. En dehors des commerçants, les artisans installent aussi leurs ateliers sur cet ouvrage réalisé à grand frais en le salissant. «Ce n’est pas normal et l’on ne peut pas tolérer cela pendant longtemps », avertit le préfet.

Nécessité d’aller jusqu’au bout

Si les autorités s’accrochent si tant à la libération des trottoirs, c’est pour la bonne cause. « Les trottoirs sont réalisés pour l’intérêt général et non pour les activités commerciales », rappelle le préfet. A ce titre, une personne ne peut se lever et s’en accaparer. Le comble, ceux qui occupent ces espaces publics, leurs activités génèrent des ordures ou des déchets. Au lieu de déposer ces ordures dans les bacs à ordures, à la faveur de la nuit tombante, ils les déversent dans les  caniveaux bouchant ainsi l’ouvrage de drainage des eaux pluviales. Conséquences, l’on assiste à des inondations de certains quartiers. Si cette pratique continue, d’ici à cinq ans, ce serait comme si l’Etat a jeté l’argent par la fenêtre. « Ce n’est pas bien et l’Etat ne pourra jamais tolérer cela », insiste le préfet. «Nous sommes là pour ça. C’est notre job. C’est un travail de veille permanente que nous sommes en train de faire pour permettre aux riverains de comprendre l’utilité des trottoirs », ajoute le préfet.

Les Communes dans la dynamique de la tutelle

Les maires d’Abomey et de Bohicon, deux villes phares ayant bénéficié du projet asphaltage, ne sont pas complices de l’occupation des trottoirs aménagés. C’est du moins ce qu’affirme Firmin Aimée Kouton, préfet du département du Zou. Il doute de ce que les maires soient de mèche avec les occupants des trottoirs parce qu’ils perçoivent auprès d’eux une quelconque taxe. «Non ! Non ! Je ne pense pas. Les maires connaissent leurs prérogatives. En tout cas, ils ont tous adhéré à la lutte parce que convaincus que les trottoirs ne sont pas des espaces marchands», certifie-t-il. Selon l’autorité préfectorale, les maires sont fortement impliqués dans la lutte. En témoignent les communiqués radio et les arrêtés qu’ils ont pris dans ce sens pour siffler la fin de l’anarchie. A Bohicon par exemple, Rufino d’Almeida, par arrêté, a interdit les chargements et déchargements hors parcs. Les contrevenants paient dans les caisses de la Commune 100.000 FCfa à titre de contravention. «C’est une action qui entre aussi dans ce cadre », précise le préfet. La police  républicaine est aussi instruite à cet effet. Lors de ses patrouilles diurnes ou nocturnes, elle dégage les trottoirs encombrés. Mieux, le préfet ne rate pas les occasions de sensibilisation et de conscientisation. Sur les radios locales, lors des rencontres grand-public et au cours des réunions, le sujet est évoqué. La dernière en date est lors de la réunion de commandement tenu la semaine dernière où la question a été largement débattue avec les maires. Occasion pour l’autorité de tutelle d’élargir la lutte à toutes les Communes du département puisque le problème se pose également dans tous les chefs lieux des Communes. « Prenons Covè dont le marché est au bord de la Route inter-Etats n°4 où les gens s’installent n’importe comment. Le maire  doit leur rappeler constamment les dangers qu’ils courent. La Police doit pouvoir les bouger un peu. On ne va pas attendre le pire avant d’agir et commencer à se plaindre » justifie l’autorité. Autant de dispositions pour décongestionner les trottoirs. En dépit de toutes ces mesures de sensibilisation, de conscientisation et d’avertissement, la mayonnaise peine à prendre. Les riverains ne sont malheureusement pas prêts à se conformer. «Nous sommes dans un pays où les gens sont têtus » fait observé Firmin Aimée Kouton. Pour lui, nul n’a le droit d’entraver la liberté de l’autre sous aucun prétexte. «Au Bénin, les gens trouvent tout facilement. Ce n’est pas à cause de vos activités commerciales que vous allez empêcher les autres de circuler. On va où avec cela ? Si quelqu’un veut faire le commerce qu’il le fasse dans les conditions requises et dans un endroit propice afin d’éviter d’endommager les biens publics et de causer  des désagréments à autrui. On n’a jamais interdit à quelqu’un de ne pas exercer une activité génératrice de revenu », martèle le préfet. Il a profité de l’occasion pour dire à la population du Zou qui s’impatiente que la seconde phase du projet asphaltage se prépare activement et va être bientôt lancé. Mais en attendant, il l’exhorte à mieux entretenir ce qui est déjà fait en vue d’encourager le Gouvernement à poursuivre la dynamique.

Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

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