LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Libération de Hountondji, Tamègnon et Cie : Vers la décrispation de l’atmosphère politique ?

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Un dégel. Ou tout au moins la baisse de la tension politique qui prévalait depuis quelque temps au Bénin. C’est ce que laisse entrevoir la libération, la nuit du mercredi dernier, de l’ancien ministre de Yayi, Alexandre Hountondji, de Joseph Tamègnon et d’autres, désormais placés sous convocation judiciaire. D’autres attendent dont Joël Aïvo et Reckya Madougou pour un dégel définitif.
La Chambre des Libertés et de la détention de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a mis, mercredi dernier, en liberté provisoire Alexandre Hountondji, Joseph Tamègnon incarcérés depuis le 8 avril dernier, dans le cadre des violences électorales. Poursuivis pour terrorisme et atteinte à la sûreté de l’Etat, accusation requalifiée en : « Adhésion à une attente en vue de commettre un acte terroriste pour déstabiliser les institutions de la Nation », leur dossier avait été renvoyé en instruction lundi 25 octobre 2021. Depuis mercredi dernier, ils sont placés sous contrôle judiciaire et restent toujours poursuivis pour des infractions présumées de participation à des faits d’actes de terrorisme. Lundi 9 août 2021, l’ancien ministre et ses coaccusés avaient, tout au long du procès, clamé leur innocence par rapport aux faits mis à leur charge. Ils se disent étrangers aux infractions qui leur sont reprochées, c’est-à-dire de s’être mis en intelligence avec le Elie Djénontin, pour commettre des actes de violence et de terrorisme lors des manifestations violentes qui se sont déroulées du 6 au 7 avril 2021, dans le cadre d’un mouvement dit : « Cinq ans c’est cinq ans », contre la prorogation du mandat présidentiel. Alexandre Hountondji et Joseph Tamègnon avaient plaidé non coupables. Ils disent ne connaître ni d’Adam ni d’Eve Elie Djénontin. Rappelons que leur emprisonnement fait suite à la crise post-électorale de 2021 et aux actes de violence qui ont émaillé le processus.

Ramener la paix dans la cité

N’eût été la proactivité du chef de l’Etat et sa détermination, les législatives de 2019, les communales de 2020, et la présidentielle de 2021, n’auraient pu jamais avoir lieu. Mais depuis l’eau a coulé sous les ponts. Les esprits semblent désormais disposés à la paix. Yayi Boni a multiplié les déplacements chez ses frères molestés pendant les violences, le président Patrice Talon, pour sa part, a fait part d’une « main tendue ». Il a appelé les Béninois au rassemblement. Dans son discours de prestation de serment dimanche 24 mai 2021, il s’est un peu mis au-dessus de la mêlée, demandant aux uns et aux autres de faire table rase des évènements violents du passé. Un appel entendu. Notamment par l’ex-président Yayi Boni, qui est allé échanger avec lui au Palais de la Marina, sur les modalités de sortie de crise. Même si la libération provisoire des mis en cause, n’est pas une conséquence directe de cette rencontre entre les deux hommes d’Etats, il serait trop prétentieux et contre le bon sens de ne pas y voir l’effet. Et c’est là, les limites du politique et du système judiciaire. Le politique ne peut pas directement interférer dans les affaires de la Justice. Séparation des pouvoirs oblige. Mais, l’action politique et la justice peuvent se compléter. Car au bout du compte, ce qui importe le plus, c’est de ramener la paix dans la cité. En attendant, Reckya Madougou, et Joël Aïvo, restent pour leur part toujours en prison.

Wilfrid Noubadan

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