LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Libération de Hountondji, Tamègnon et Cie : Fruit de la rencontre Talon-Yayi ou revirement de la Criet?

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L’ancien ministre Alexandre Hountondji, l’ex-directeur général de la Société de gestion des marchés autonomes (Sogema), Joseph Tamègnon, et trois autres inculpés dans le cadre des violences postélectorales sont libérés et placés sous contrôle judicaire depuis l’après-midi du mercredi 28 octobre 2021. Leur libération suscite moult interrogations dans l’opinion. Est-ce le fruit de l’audience accordée par Patrice Talon à Yayi Boni le 22 septembre dernier au Palais de La Marina ou un revirement de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet)?
Ils sont enfin libres de leurs mouvements. Gardés dans les liens de détention depuis avril dernier dans le cadre des violences postélectorales, Alexandre Hountondji, Joseph Tamègnon, Ibrahim Tcahssenti, Jean Bosco de Souza et Emile Koudjo, 5 des 9 fauteurs de trouble dans le cadre de la dernière élection présidentielle ont recouvré leur liberté mais mis sous contrôle judiciaire. En effet, le mandat de dépôt émis contre eux par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a été levé le mercredi 27 octobre après la requalification des faits mis à leur charge et leur comparution devant les juges d’instruction puis des libertés et de la détention. Cette décision du procureur spécial de la Criet, Mario Mètonou, suscite des interrogations depuis sa prise. Les observateurs et analystes politiques s’interrogent sur les profondes raisons qui ont poussé le procureur spécial à mettre en liberté les prévenus alors que d’autres inculpés continuent de séjourner dans les maisons d’arrêt. Pour certains, cette mise en liberté est le fruit de l’historique rencontre entre le président Patrice Talon et son prédécesseur à La Marina, Yayi Boni, le 22 septembre dernier. Au cours du tête-à-tête qui a duré environ une heure d’horloge, le tour d’horizon sur les questions de paix, de sécurité, de démocratie et de développement du Bénin a été fait par les deux personnalités. Selon le compte rendu fait par l’ancien président Yayi sur sa page Facebook, les hommes d’Etat se sont « convenus que la décrispation politique est indispensable à la paix durable dans notre cité commune afin d’assurer notre vivre ensemble, la concorde et la cohésion nationale ». La mise en liberté prononcée mercredi par le procureur spécial de la Criet serait donc en droite ligne de la satisfaction du deuxième point « des mesures de salut national » souhaitées par l’ex-chef de l’Etat à savoir : « Libérer tous les détenus politiques dont entre autres nos compatriotes Madame la ministre Reckya Madougou et le Professeur Joël Aïvo candidats recalés à la dernière Présidentielle. Bien évidemment, le cas de nombreux jeunes en souffrance dans nos prisons ne nous a pas échappé». Même si les noms de Alexandre Hountondji et de Joseph Tamègnon ne figurent pas dans la requête formulée par Yayi Boni à l’endroit de son successeur, il est de notoriété publique que ces derniers ont été arrêtés dans le cadre des violences électorales d’avril 2021. Qu’un peu plus d’un mois après la rencontre entre les deux hommes d’Etat, la Criet procède après requalification des faits à la libération et au placement sous contrôle judiciaire, cela ne relève d’un effet de hasard. Me Barnabé Gbago, avocat de Tamègnon, Hountondji et Cie n’écarte d’ailleurs pas cette éventualité même si les infractions ont été requalifiées et que les inculpés sont désormais poursuivis pour « adhésion à une entente en vue de commettre un acte terroriste pour déstabiliser les institutions politiques et administratives de la Nation ».

Revirement de la Criet ?

Pour le défenseur de la veuve et de l’orphelin, c’est l’appel de l’ex-chef de l’Etat est en train de porter ses fruits. « C’est le début. Ca vient de commencer. Au fur et à mesure que les jours vont passer, d’autres inculpés seront aussi placés sous contrôle judiciaire. Je crois que c’est le mouvement annoncé qui a commencé. La rencontre et l’appel de l’ancien chef de l’Etat ont porté leurs fruits. Le même procureur spécial qui a avait décidé de les juger en flagrant délit, les a envoyé en instruction après. Je dirai qu’il s’est trompé de façon grossière. Le même chef du parquet spécial embouche aujourd’hui la trompette de leur libération sous contrôle judiciaire », a confié Me Gbago. Ses clients ont été certes libérés mais ils ne sont pas au bout de leur peine. Ils sont astreints à des règles dont la violation leur coûtera encore la liberté. Entre autres règles, ils doivent se présenter tous les deux mois devant le juge des libertés et de la détention pour la suite du dossier. Ils ne doivent pas non plus quitter le territoire national. Au cas contraire, un mandat d’amener sera décerné à leur encontre.

Serge Adanlao

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