LE MATINAL
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Législatives de 2023 : La mouvance face à l’équation « Démocrates »

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Les jours s’égrènent et rapprochent de la date fatidique des prochaines élections législatives. La perspective de ce scrutin majeur fait déjà bouger les lignes dans les états major des partis politiques. Si au sein du parti « Les démocrates », l’heure est à la remobilisation des troupes, les partis de la mouvance, en l’occurrence l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain, semblent afficher une certaine sérénité. Une posture qui pourrait fortement fragiliser le rouleau compresseur de ces partis au regard de la poussée démocrate.

Les Législatives qui s’annoncent sont comme une question de vie ou de mort pour les partis. D’un côté comme de l’autre, l’enjeu du scrutin est grand. Dans le rang de l’opposition, il est question de tout faire pour inverser la tendance actuelle à savoir, obtenir coûte que coûte la majorité pour impulser une nouvelle dynamique au pays. « Il ne faut pas que nous soyons minoritaires. Nous devons gagner partout. Vous devez faire en sorte que nous gagnions dans l’ensemble du pays» a lancé le premier responsable du parti « Les démocrates », Eric Houndété au cours d’une réunion avec les militants de la 15ème circonscription électorale, le weekend dernier. Cette approche est partagée par la quasi-totalité des partis politiques de l’opposition même si certains continuent de tourner les pouces et de creuser les méninges quant aux moyens pour atteindre cet objectif. Du côté de la mouvance, l’objectif n’est pas le même. Il s’agit de maintenir la constance et garder le cap à défaut de corser les performances de 2019. L’Union progressiste et le Bloc républicain devront travailler à confirmer leur ancrage national  afin de confondre leurs détracteurs en leur montrant qu’ils ont la possibilité de voler de leurs propres ailes. Ils seront désormais face à leur destin dans un environnement politique où une partie de l’opposition dite radicale rêve de renverser la situation. L’Up et le Br doivent montrer que contrairement aux allégations, les scores enregistrés en 2019 réflétaient bien la vérité des urnes et que les résultats issus de ce scrutin prétendument taxé « d’exclusif » n’étaient pas arrangés.  Une équation difficile à résoudre pour ces deux mastodontes de l’univers politique au regard de la poussée du parti « Les démocrates » dont les ambitions sont connues. En effet, l’entrée en jeu du parti « Les démocrates » va inéluctablement changer la donne et induire une redistribution des cartes sur l’échiquier politique. Dans un environnement politique où les indices et les signes avant-coureurs d’une élection inclusive sont patents, l’Up et le Br doivent très vite sortir de leur torpeur actuelle pour rentrer sur la scène. Laisser les démocrates occuper le terrain comme c’est le cas actuellement, pourrait être un jeu dangereux aux conséquences non maitrisables pour les deux grandes formations politiques de la mouvance. Dès lors, ils se doivent de changer de fusil d’épaule pour limiter les dégâts.

Le casting, un casse-tête chinois

A l’analyse, la relative inactivité de l’Union progressiste et du Bloc républicain n’est pas sans raison. Le positionnement des candidats au niveau de ces deux partis constitue en effet une grosse équation difficile à résoudre. De sources bien introduites, la guerre de positionnement fait rage au sein de ces deux partis politiques. La tendance selon les informations, serait de sacrifier certains députés carriéristes pour donner la chance aux nouveaux leaders au sein de ces partis. Une option que les cadors rejettent catégoriquement. Du coup, il y a un risque de tsunami au sein des partis si cette situation n’est pas gérée avec diplomatie et délicatesse. D’où l’intervention du chef d’orchestre Patrice Talon, attendu de part et d’autre pour arbitrer le jeu et au besoin amortir le choc. Le dernier mot revient en effet à ce dernier. Dans un cas de figure pareil, il serait totalement hasardeux pour un aspirant à la candidature de se lancer dans une quelconque précampagne ou quête d’électorat sans la caution du boss. Aucune certitude n’étant établie relativement aux positionnements sur les listes, les prétendants n’ont d’autre choix que de s’enfermer dans un attentisme béat. C’est ce qui explique le relatif manque d’activisme de ces deux partis à quelques encablures des élections. Cette situation risque malheureusement de durer encore quelques mois, car un passage brutal de ce virage sensible, risque de fragiliser fortement le rouleau compresseur de ces deux formations politiques, porte-étendards de la mouvance présidentielle.

Gabin Goubiyi

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