LE MATINAL
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Jacques Migan sur la mise en liberté provisoire de Hountondji, Tamègnon et Cie : « Les procès de la justice béninoise se font de manière équitable »

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Dans une interview exclusive qu’il a accordée au groupe de presse “Le Matinal” quelques heures après la mise en liberté provisoire par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) de Alexandre Hountondji, Joseph Tamégnon et compagnie, l’ancien bâtonnier, Jacques Migan, a analysé les tenants et les aboutissants de la levée du mandat de dépôt précédemment émis contre ces derniers dans l’affaire dite de “Terrorisme et atteinte à la sûreté de l’Etat”. Il a évoqué également la suite possible du dossier. Lire ses explications. 

Le Matinal : Quelles sont vos impressions suite à la libération sous convocation de Alexandre Hountondji, Joseph Tamégnon et Cie?

Jacques Migan : J’ai appris comme tout citoyen béninois, la mise en liberté provisoire de nos compatriotes Monsieur Hountondji et consorts par la Criet. Je n’ai pas tous les éléments du dossier. Mais ce qu’il faudrait retenir, c’est que la justice de notre pays, n’est pas une justice réservée aux riches et aux pauvres, à la mouvance et à l’opposition. C’est une justice et une justice comme je le dis souvent dont les procès se font de manière équitable, c’est-à-dire une justice qui tient compte des éléments qui sont à sa possession. S’il se confirme que, les intéressés dont il s’agit méritent la liberté provisoire, pourquoi ne voudriez-vous pas que la justice aille dans ce sens ? Et cela justifie à aisance, qu’on ne juge pas en fonction de l’appartenance politique. On ne juge pas en fonction de ce que vous êtes. On ne juge pas en fonction de votre rang dans la société, mais on juge en fonction de ce que vous avez posé comme acte. Si l’acte posé est un acte qui est illégal, c’est normal que la justice s’occupe de vous. C’est normal que vous répondiez devant la justice. Dans le cas qui nous concerne, en ce qui concerne Monsieur Tamégnon et Monsieur Hountondji, ils ne sont pas libérés totalement des faits à eux reprochés. Ils sont mis en détention provisoire. Cela qui veut dire quoi ? Vous savez, lorsqu’ils étaient mis en dépôt, c’est pour des raisons bien précises. Trois cas que je citerai. Le premier cas certainement pour qu’ils ne fuient pas lorsque demain, on aurait besoin d’eux devant la justice. Deuxièmement, pour qu’ils ne soient point inquiétés s’ils étaient en liberté provisoire et enfin pour que demain, ils n’altèrent pas la vérité, ils ne changent pas la vérité, ils ne soient pas amenés avec d’autres complices à changer le cours de la vérité. Alors, ce que je voudrais dire, c’est que les garanties sont offertes pour que demain, ils puissent répondre pour dire ce qu’on leur reproche. Donc, je crois qu’il en va de la vitalité de notre justice. Il en va de la justice de mon pays qui ne connaît pas l’homme mais plutôt les faits et juge en fonction des faits qui sont apportés à sa connaissance. Et nous devons être fiers de la justice de notre pays. Je suis fier de la justice de mon pays. »

Que devons-nous comprendre par libération sous convocation ?

Vous savez, lorsque vous êtes mis en liberté provisoire, la décision de la justice elle-même détermine les conditions dans lesquelles vous devez vous comporter, aller et venir. Je n’ai pas lu la décision qui a été rendue pour me prononcer sur ce que les juges ont décidé. Tout est dans le contenu de la décision rendue. En principe, lorsque vous êtes mis en liberté provisoire, souvent, il est demandé à ce que les documents de voyage soient remis à l’autorité compétente pour que l’intéressé, celui qui est en liberté provisoire ne fuit pas. Par exemple si quelqu’un est mis en liberté provisoire, c’est parce qu’on craint que cette personne prenne la clé des champs. Or, la liberté provisoire, signifie que vous offrez à la justice, les garanties nécessaires lorsque vous  êtes convoqué,  de vous présenter, d’être présent à l’audience. Alors, je crois que très souvent lorsque les décisions sont rendues, elles déterminent les conditions dans lesquelles cela doit de faire. Et tout est dans la décision que je n’ai pas lue.

Quelle sera la suite probable du dossier ?

Le procès suit son cours. Ce n’est pas parce que vous êtes mis en liberté provisoire que nous sommes à la fin du procès. Je vous ai expliqué tout à l’heure que le juge de la détention vous met en détention provisoire pour trois cas, pour que d’une part, vous ne fuyiez pas lorsqu’on aurait besoin de vous devant la justice. Deuxièmement, pour que rien ne vous arrive lorsque vous êtes chez vous alors qu’il y a des faits dont vous êtes présumés et que ne vous puissiez point faire l’objet de poursuite. Il ne faudrait pas qu’alors que vous êtes dehors, qu’avec d’autres complices vous vous arrangiez pour essayer d’altérer, de changer le cours de la vérité. Donc, être en liberté provisoire ne signifie pas que le procès est fini. Être en liberté provisoire signifie que les garanties sont offertes pour que les trois cas que j’ai cités ne vous concernent point, c’est-à-dire que vous ne fuyez pas demain lorsque vous devez vous représenter devant la justice, que l’on ne vous crée pas de problèmes, l’on ne vous fasse pas mal je dirai ou encore le troisième cas pour que d’éventuels complices ne viennent altérer la vérité. Donc, le procès continue, mais cette fois-ci sur convocation. Cela veut dire que vous devez être présent à l’audience pour répondre des faits qu’on vous reproche.

Source: Océan Fm

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