LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Gratuité de la césarienne au Bénin: plus d’un milliard déboursé par trimestre

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La césarienne continue-t-elle d’être gratuite au Bénin ? Telle est la question qui a agité nombre d’esprits il y a quelques semaines à la suite de la dissolution par le gouvernement du Nouveau départ, de l’Agence de la gratuité de la césarienne instituée par décret n°2009-96 du 30 mars 2009. La réponse est affirmative puisque les attributions précédemment dévolues à cette agence sont désormais confiées à l’Agence nationale de protection sociale (Anps).

Par décret n°2022-01 du 05 janvier 2022, le gouvernement a acté la dissolution de l’Agence de la gratuité de la césarienne. La nouvelle a dans un premier temps suscité un tollé au sein de l’opinion avant que les uns et les autres ne reviennent à de meilleurs sentiments. En effet, le décret précité précise que la dissolution de l’Agc n’implique pas ipso facto, celle des prestations offertes par l’Agence qui sont désormais confiées à l’Agence nationale de protection sociale (Anps). Autrement dit, la gestion de la gratuité de la césarienne n’a fait que changer de main sinon de structure. Dans une interview qu’il a accordée au quotidien « Le Matinal », Venant Célestin Quenum, directeur général de l’Anps a confié que ce nouveau portefeuille confié à sa structure, ne souffre d’aucune entrave dans sa mise en œuvre. Il a indiqué qu’en confiant la gestion des cas d’accouchement par césarienne à l’Agence nationale de protection sociale, le gouvernement a pris le soin de la doter de moyens financiers conséquents. « La gratuité de la césarienne se poursuit donc et chaque semaine, nous recevons des zones sanitaires, des fiches sur le point de la gratuité de la césarienne et les factures. Le gouvernement en nous transférant cette responsabilité, nous a donné les ressources nécessaires pour garantir le paiement. Donc, nous avons été dotés de ressources nécessaires pour assurer le paiement automatique de toutes les opérations de césarienne qui se passent dans le cadre du programme de gratuité de la césarienne au Bénin », a-t-il laissé entendre. Se faisant plus précis, le directeur général de l’Anps a levé un coin de voile sur ce que coûte à l’Etat par trimestre, cette subvention socio-sanitaire à l’Etat. A l’en croire, plus d’un milliard de francs Cfa sont déboursés par trimestre pour faire face aux frais liés à la césarienne. De façon pratique, les fonds sont directement mis à la disposition des centres de santé en règlement des factures produites par ces derniers.

Une option hautement salutaire

Par décret n°2008-730 du 22 décembre 2008, la gratuité de la césarienne a été instituée au Bénin. La mesure à caractère hautement social, vise à réduire considérablement le taux de mortalité lors de l’accouchement. Selon certaines statistiques récentes, plus de 275.000 femmes meurent par an dans le monde, en voulant donner la vie. Ces chiffres alarmants appellent des actions fortes pour une meilleure protection de la femme en instance d’accoucher. Tout comme le Mali en Afrique de l’Ouest, le Bénin a compris la nécessité de prendre des mesures fortes pour contrer la saignée. D’où la prise du décret précité qui a considérablement réduit le phénomène. En 2005 et 2009 respectivement, le Bénin et le Mali, pays dont les taux de mortalité maternelle étaient très élevés (405 et 587 pour 100 000 naissances vivantes), ont choisi de rendre gratuit l’accès à la césarienne. En s’appuyant sur trois enquêtes démographiques et de santé couvrant une période de 15 ans pour les deux pays, Alexandre Dumont et ses collègues ont voulu vérifier si ces mesures avaient permis de réduire les inégalités. « Les premières analyses avaient déjà montré que les politiques de gratuité avaient amélioré l’accès aux soins, en augmentant le pourcentage de femmes qui accédaient aux accouchements en formation sanitaire de manière générale, et à la césarienne en particulier, précise l’épidémiologiste. En revanche, si les inégalités ne se sont pas creusées, elles se sont majoritairement maintenues, sauf au Mali, entre les femmes les plus instruites et les moins instruites. »

Gabin Goubiyi

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