LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Face aux chocs exogènes: la stratégie du Bénin pour une économie résiliente

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Confrontée aux chocs exogènes que sont la pandémie du Covid, et les effets de la crise russo-ukrainienne, l’économie béninoise a su s’adapter. De bons chiffres qui laissent présager des lendemains meilleurs, à condition de diversifier et d’industrialiser au  plus vite.

Avec un taux de croissance de 7,2% en 2021, contre 3,8% en 2020 et 1,8% en 2015 selon l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad), le Bénin a réalisé sa meilleure performance économique depuis sept ans, retrouvant le niveau de 2013. Pour les économistes, les bons chiffres de l’économie béninoise, malgré les chocs constitués par le Covid-19 et la fermeture des frontières d’avec le Nigeria, s’expliquent par sa position géographique stratégique de « pays commercial où la réexportation constitue une activité clé ». En effet, ses flux commerciaux avec la première puissance économique du continent, assurent au Bénin environ 40% de ses recettes fiscales. Par ailleurs, selon la note de  l’Instad sur les comptes nationaux,  le dynamisme du secteur tertiaire (commerce, transport, finance, hôtellerie, restauration) a contribué à plus de 3,2 points à la croissance du Pib, alors que les grands projets d’infrastructures et de construction portés par l’Etat ont permis au secteur secondaire d’améliorer sa valeur ajoutée de 9,1%, contre 5,2% l’année précédente et de contribuer à hauteur de 1,5 point à la croissance. Cette donnée est de 1,4 point pour le secteur primaire porté par l’agriculture, dont la contribution au Pib est passée à 22,8% en 2021, contre 21,8% l’année précédente selon les chiffres de l’Instad. L’agriculture pour sa part, représente 80% des recettes d’exportations. Mais le hic, les produits agricoles quittent souvent le pays à l’état brut. Il s’agit principalement du coton, de l’huile de palme, de la noix de cajou ou encore de l’ananas.

L’industrialisation…

« Pour parler de ce dernier, nous avons pu avoir, grâce aux mesures prises par le gouvernement, une bonne campagne cotonnière avec une production de 700 000 à 800 000 tonnes, ce qui a fait du Bénin, le premier producteur de coton d’Afrique de l’Ouest. Nous avons également eu de bons résultats sur l’anacarde et bien d’autres. Mais, il faut faire plus d’efforts et diversifier davantage les cultures non seulement pour que les Béninois deviennent des producteurs agricoles à l’instar des Ivoiriens ou des Camerounais, mais aussi les pousser à investir dans l’industrie. Les événements auxquels nous avons assisté sur la scène internationale nous obligent à aller dans cette direction », fait remarquer Olivier Agboton, économiste. Ce qui exige l’augmentation de la productivité agricole. D’où le déploiement du Plan national de développement 2018-2025 qui met l’accent sur l’industrialisation, en particulier l’agro-industrie. Une nécessité qui s’est une fois de plus renforcée avec la guerre en Ukraine, car le pays achète 100% de son blé à la Russie sous sanctions internationales.

Conséquences de la flambée des prix

La crise en Russie a provoqué la cherté de la vie qui s’observe aujourd’hui avec la flambée des prix des produits sur les marchés locaux. La flambée des prix, on le sait tous, n’est pas du fait d’une quelconque politique du gouvernement, mais plutôt la conséquence des chocs exogènes dont le Bénin n’est malheureusement pas épargné. La crise du Covid-19 qui a indubitablement ralenti la production sur le plan international ;  la guerre en Ukraine, quant à elle, a bloqué la disponibilité de certains produits agricoles. Heureusement, le gouvernement a bien anticipé les conséquences en prenant des mesures d’accompagnement idoines pour en réduire substantiellement l’impact sur les populations. Au titre des mesures phares, il y a la subvention de plus de 50 milliards de FCfa alloués au secteur agricole pour soutenir l’achat d’intrants agricoles notamment pour le coton ; le plafonnement des prix des produits pétroliers, l’exonération de la Tva sur des produits comme le riz, le lait, le blé, l’huile; l’abattement de 50% sur les frais des transports des marchandises qui passent par le Port autonome de Cotonou ; sans oublier ce qui a été fait par le gouvernement sur le plan structurel comme l’arrêt à court terme de l’importation de la volaille et des produits du bois (fenêtres, portes etc.) ; la poursuite de la diversification de l’économie, la création des conditions attractives pour les investisseurs.

Jean-Paul Mahugnon

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