LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Ecureuils du Bénin : Pourquoi et comment reconstruire

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C’est un véritable drame que vivent actuellement le peuple béninois, et les amoureux du football. Devant leur public le mercredi soir, les Ecureuils n’ont pas pu se défaire de leurs adversaires mozambicains. Ce n’est pas en soit la défaite qui fait mal et pose problème, mais la manière de perdre. La Fédération et le ministère  des Sports se doivent de réagir et  situer les responsabilités avant qu’il ne soit trop tard.

Une seule image restera dans la tête des supporters à la fin du match : Saturnin Allagbé  tête baissée, le visage fermé en proie au doute et au questionnement. Un héros blessé.  Que peut-il y faire lui tout seul ? Une seule hirondelle ne fait pas le printemps ! Mercredi soir, les poulains de Moussa Latoundji qui ont offert un piètre spectacle, ne semblent pas avoir tiré les bonnes leçons du match  perdu contre le Nigéria au Stade Charles de Gaulle de Porto-Novo, et de leur non-qualification à la Can 2022 au Cameroun. Alors qu’ils avaient mis la barre vraiment haut lors de l’avant-dernière Coupe d’Afrique (2019), et laissé entrevoir de réels espoirs, ils patinent désormais dans la médiocrité. Ce n’est, certes, pas le temps de chercher des boucs émissaires ! Les Ecureuils ont déçu, et auront du mal à revenir  dans les estimes et dans le cœur de leurs supporters. Ils ont été malmenés par de vaillants et déterminés Mozambicains mercredi soir au Stade Général Mathieu Kérékou. La joie, le sentiment de délivrance et le ouf de soulagement poussé par le staff mozambicain au sifflet final, étaient en porte à faux avec la chape de plomb qui semblait s’être abattue sur les poulains de Moussa Latoundji. Les Mozambicains avaient donc bien préparé leur coup. Ayant bien étudié leurs adversaires du jour, leur stratégie était simple, mais  efficace : mettre d’entrée la pression sur une équipe dont les cadors étaient vieillissants et peu en jambe, et pour finir,  bétonner derrière, tout en  comptant sur l’impréparation et les maladresses de leurs adversaires du jour.  Mais osons dire tout de suite les choses : Moussa Latoundji ne pourra pas faire l’affaire. Quoiqu’on dise, il n’a pas l’étoffe ni le bagout nécessaires pour créer l’entrain, et donner le supplément d’âme à ces joueurs professionnels. Il ne faut plus se voiler la face et chercher  des excuses « bidon», car cette équipe, malgré ses imperfections, a, quand même,  les moyens d’aller loin  et de faire mieux. D’autant plus que, à la différence de leur vis-à-vis, les Ecureuils qui n’avaient pas un plan de jeu mercredi soir,  affichaient une soif de gagner, et  une  détermination infaillible se lisaient dans leurs regards. Mais dans le football moderne, nous savons désormais que cela ne suffit plus. Durant ces quatre-vingt-quinze minutes, comptant les arrêts de jeu, les joueurs béninois ont  évolué sur le terrain comme une  troupe sans  général.  Ils  étaient fébriles, et manquaient de fraîcheur. On était beaucoup plus dans l’improvisation, et dans des gestes techniques désespérés  et les soubresauts, face à des Mozambicains soudés, bien en place et qui donnaient le sentiment d’avoir pris plusieurs jours de plus que l’équipe béninoise pour préparer le match. Khaled Adénon, en capitaine, a donc fait  ce qu’il pouvait,  bien sûr sans son lustre d’antan. On ne peut pas lui en vouloir, il nous a donné beaucoup de satisfaction par le passé. C’est le milieu de terrain qui n’a pas  exister. Mais plus grave, c’est l’absence d’un véritable métronome sur le terrain, un grand joueur capé et expérimenté, comme un Stéphane Sèssègnon, qui à l’image d’un Luka Modric, pourrait prendre le jeu à son compte,  l’orienter et distiller les bons ballons à ses coéquipiers. Il va falloir y penser. Parce que trop excentré hier, et visiblement pas dans un de ses beaux jours, Jodel Dossou, a paru trop souvent diminué, en manque de génie et de solutions comme il sait parfois le faire. De même, le buteur attitré de l’équipe,  Steve Mounié, qui a fait une très bonne saison en championnat de France, n’a pas pu dominer le jeu et imposer ses déplacements à la défense adverse.

Trouver, comme en Côte-d’Ivoire, un Jean-Louis Gasset

Les chances des Béninois pour se qualifier à la prochaine Can Côte d’ivoire  2023, semblent désormais compromises et hypothéquées.  Mais rien n’est encore perdu. Il faudra gagner tous les matchs qui viennent, en aller comme au retour, et espérer des faux pas du Sénégal, du Mozambique ou du Rwanda. En attendant, il va falloir parer au plus vite et trouver un remplaçant à Michel Dussuyer.  Le temps presse. En Côte d’ivoire, l’expérimenté Jean-Louis Gasset leur a fait remonter la pente en quelques semaines. Le Bénin a déjà commis la bêtise de laisser filer  Nicolas Dupuis, qui a renouvelé son bail avec le Madagascar. Mais le Bénin peut encore se trouver un bon coach, qui disposera à la fois d’un  bagage technique et de l’expérience nécessaires pour créer en si peu de temps une « équipe ». Une équipe qui  sera moins  tétanisée  au cours des matchs. En vérité, le  mal dont souffrent les Ecureuils, c’est d’abord ça : pour gagner un match c’est d’abord l’extra sportif qu’il faut gérer, et  rester dans la concentration minimum. Visiblement nous n’y sommes plus. Il appartient donc au ministère des Sports et à la Fédération béninoise de football, de réagir à temps, pour que le peuple ne laisse vraiment pas  exploser une colère devenue désormais lourde à porter. Puisque ce n’est pas la défaite qui est désespérante, mais la manière de perdre. Et puis, le football est tout sauf un sport banal, c’est  un véritable  baromètre de popularité.

Wilfrid Noubadan

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