LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Dr Karen Ganyé au sujet de la loi sur l’avortement: «Lorsqu’un problème social se pose, il ne faut pas dire oui ou non d’un coup de tête (…) J’opte pour l’organisation afin de réduire les risques plutôt que de se voiler qu’on est dans une société morale et éthique en augmentant les risques»

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« La question de l’avortement est une question éminemment sociale. Et parce que c’est sociale, cela englobe plusieurs dimensions. Il y a la dimension morale éthique, médicale, religieuse à ne pas confondre avec la morale, car elle vient se greffer sur la morale, il y a la dimension juridique pénale. La conclusion déjà est que ceux qui sont en charge de ce débat et qui l’évoquent disposent des éléments dont monsieur tout le monde, vous et moi n’en disposons pas. Nous sommes des observateurs et ne pouvons que parler. Donc que chacun qui parle fasse parler tout ce qui est lui, car c’est une question qu’il faut aborder dans sa globalité. N’oublions pas que le Bénin est un pays à l’intérieur d’un concert de nations, et des pays sont passés par là et il faut aller questionner l’histoire, se poser la question de savoir dans ces pays ce que cela a donné malgré les débats. Lorsque nous sommes dans la dimension vie purement morale, purement éthique la vie est sacrée et rien de ce qui peut toucher la vie ne peut avoir notre assentiment, de ce point de vue l’avortement, le meurtre, l’assassinat ne réside pas dans nos valeurs. Mais lorsque nous parlons de la morale ce n’est pas quelque chose de figée, mais évolutif. Du point de vue sociologique, je demande le discernement pour ne pas laisser primer une partie sur l’autre. Et cela nous amène à poser des questions existentielles. Si médicalement nous savons qu’un fœtus en préparation ne va pas à son terme ou s’il y va, il sera un problème pour la société, faut-il prendre la décision courageuse de maintenir le fœtus ou dire que Dieu agira ? Lorsqu’un problème social se pose, il ne faut pas dire oui ou non d’un coup de tête…quand je dis problème social, c’est une grossesse issue de viol, inceste, sans père, lorsque la maman n’a rien pour amener l’enfant à la vie alors même que la société n’a pas mis en place des institutions qui vont prendre en charge cet enfant, faut-il le laisser venir ? Sur un autre plan moral, certaines religions qui s’appuient sur l’éthique, la morale pour parler de la sacralisation de la vie, c’est encore eux qui disent qu’on ne peut pas se préserver, ni les méthodes de planification, s’ils faisaient l’inverse ok. Mais voilà ils refusent, à quel moment cette prise en charge est faite. Si on se tait et on dit « tomorrow to be go » dans un monde hyper individualiste et plus cher, pendant que les enfants cherchent à savoir pourquoi on les a amenés au monde. Donc il faut voir ce qui se fait déjà. Arrêtons les décisions hypocrites. La masse critique des gens qui s’adonnent à ses clandestinités d’avortement et que mieux pour ça il faut organiser cela, j’opte pour l’organisation pour réduire les risques plutôt que de se voiler qu’on est dans une société morale et éthique en augmentant les risques. L’analyse peut se faire aussi dans le bloc de loi, le bloc constitutionnel comme une suite normale sur la loi portant obligation de paternité ».

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