LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Demande accrue de produits sanguins au Chd/Goho : Le cri de détresse du Ca/Ants

0

Les moments de fraîcheur sont des périodes par excellence de maladies occasionnant des cas d’anémie sévère dans les formations sanitaires. Au cours de ces deux derniers mois, les enfants, les adultes, les femmes, les jeunes et les vieux en pâtissent. Aucune couche n’est épargnée. Conséquence, la demande de produits sanguins grimpe, mais n’arrive pas à être satisfaite. Le Centre hospitalier départemental (Chd) du Zou traverse actuellement une telle situation au point que le Chef d’antenne (Ca) de l’Agence nationale de la transfusion sanguine (Ants), sous pression, lance un Sos à l’endroit des donneurs bénévoles de sang et à toutes les organisations de la société.

Au Centre hospitalier départemental (Chd) du Zou, basé à Gogo/Abomey, l’heure est grave. «La situation devient de jour en jour et de plus en plus critique », confirme Martin Atinkpinda, le Chef d’antenne (Ca)  de l’Agence nationale de la transfusion sanguine (l’Ants) du Zou et des Collines. A la pédiatrie tout comme à la médecine interne ou au service des urgences et même dans les centres de santé environnants, des cas d’anémie grave sont enregistrés au quotidien. Ainsi, l’on note une affluence monstre à la banque de sang.  «Je pus vous dire que ces jours-ci, plus de 80 poches de sang sont cédées par jour par notre banque de sang. L’affluence des demandeurs des produits sanguins qui s’adressent à notre banque de sang est très importante», constate-t-il. Son amertume se justifie par le fait que la réserve constituée avant la période des vacances est touchée. «Le stock de produits sanguins que nous avons constitué pendant que les grands donneurs de sang (élèves) étaient  encore en classe est en train d’être épuisé», avertit le Chef d’antenne Ants/Zou-Collines. Désemparé face à la situation, Martin Atinkpinda se veut prévoyant. C’est pourquoi il a pris sur lui la responsabilité d’alerter ceux qui veulent bien l’entendre. Pour mieux se faire comprendre, il évoque les risques qui découleraient de la pénurie de sang si des actions urgentes ne sont pas menées pour pouvoir contenir le flux des demandes exprimées. « A cette allure,  si jamais la population active ne se mobilise pas, si les familles, les sociétés, les entreprises, les élus locaux, les dignitaires de cultes, les confessions religieuses, les Ong ne se décident pas pour pouvoir faire le geste utile qui est de donner son sang, on risque d’assister à de nombreux morts d’enfants, de femmes qui vont vouloir accoucher,   d’accidentés de voies publiques,  de drépanocytaires ou  de toutes personnes souffrant d’une pathologie nécessitant la transfusion sanguine», s’inquiète Martin Atinkpinda. Il exhorte les uns et les autres à un sursaut patriotique afin que le scénario « cauchemar » qui se profile à l’horizon soit évité. «Il est vraiment important et urgent que la population puisse se décider. Se décider de venir donner un peu de son sang afin que des vies humaines soient sauvées. A défaut, j’invite les populations à se regrouper au niveau de leurs lieux de résidence, de travail ou à leur siège d’association et nous inviter. Une équipe médicale sera mobilisée pour se déplacer vers eux », propose-t-il. A l’Ants/Zou-Collines sise à Sogbo-Aliho, Martin Atinkpinda et ses collaborateurs prennent des initiatives pour parer au plus pressé en attendant que des organismes les invitent à la collecte de sang dans leurs unités de production, de transformation, de formation ou de vente.

Le  pire pouvait être évité

« Mieux vaut prévenir que guérir ». La plupart des citoyens béninois ne comprennent pas la justesse de cet adage populaire. Au regard de la cause principale de l’anémie qui, par analogie, occasionne la pénurie de sang,  elle pouvait être évité si chaque ménage prenait en amont les dispositions appropriées. Selon Amour Wouangnanon, infirmier en service dans une formation sanitaire publique, le paludisme est la première cause de l’anémie. De ce fait,  les cas d’anémie  sont légion « en saison pluvieuse et non pendant la fraîcheur », rectifie Amour Wouangnanon. Il donne des détails en expliquant qu’au cours de cette période, la densité de la végétation rend insalubre les alentours des maisons. L’eau de pluie retenue par les boîtes de conserve vide ou par des trous ajoutée à l’insalubrité contribuent à la prolifération des moustiques anophèles, agents vecteur du paludisme. Les enfants n’étant donc pas protégés, s’exposent aux piqûres de ces moustiques. Ce qui  favorise la destruction des globules rouges. Trois jours après, c’est la fièvre. Les parents, dans leur naïveté, ou tout simplement irresponsables qui font de l’automédication se pointent tardivement dans un centre de santé lorsque l’enfant est anémié. «C’est dans ce contexte que la demande de produits sanguins dépasse l’offre. Ce qui crée la pénurie à laquelle on assiste ces derniers temps», fait savoir Amour Wouangnanon.  Il poursuit sa réflexion en indiquant que si chaque citoyen pouvait prendre la peine de nettoyer son environnement, de détruire les gîtes larvaires autour de lui, protéger ses enfants et dormir sous moustiquaire,  l’anémie sera vaincue et les décès dus au manque de sang ne seront plus une fatalité. Il invite alors les parents à prendre leurs responsabilités afin de ne plus être surpris.

Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez refuser si vous le souhaitez. Accepter Lire la suite

buy windows 11 pro test ediyorum