LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Décentralisation : Des maires sans bilan après deux ans d’exercice

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(La Cellule de suivi et du contrôle pour inverser la tendance)

Le développement local au Bénin a du plomb dans l’aile. La plupart des maires de la quatrième mandature de l’ère de la décentralisation au Bénin présentent un bilan sombre deux ans après leur installation. Faute d’esprit managérial et d’un programme de développement conséquent, les collectivités territoriales stagnent, en attendant d’amorcer un réel essor.

Des Communes stationnaires, avec à leurs têtes, des maires sans ambitions et sans esprit de développement. C’est le triste constat qui se dégage du tableau que présentent les Communes, deux ans après l’installation des nouveaux maires issus des élections municipales et communales de 2020. Même dans les Communes à statut particulier, le bilan à mi-parcours n’est guère reluisant. L’activité communale est réduite aux actes courants de l’administration. Les agents au niveau des collectivités locales sont quasiment à l’image du maire. On se contente juste de faire le minimum. La première autorité de l’hôtel de ville fonctionne comme un employé ordinaire d’une administration publique. Généralement issu du parti ayant obtenu la majorité de sièges de conseillers après les élections, le maire est un choix imposé par le parti, parfois sans consultation de ses pairs conseillers. Du coup, il se retrouve entre deux feux. A côté des défis à relever au niveau de ses administrés que sont les populations à la base, le maire doit gérer les guéguerres et les coups bas politiques au niveau du Conseil communal. Il devra faire face, en sus de l’opposition des partis minoritaires, gérer les antagonismes de conseillers de son propre camp politique qui nourrissent également des ambitions pour le fauteuil du maire et n’éprouvent aucune gêne à révéler leur désapprobation vis-à-vis du choix du parti. Cette situation devrait amener l’édile de la Commune à prendre réellement conscience de sa mission et susciter un engouement populaire à travers ses actions de développement. Mais c’est à tout le contraire qu’on assiste dans certaines Communes. La plupart des maires qui y sont désignés semblent n’avoir pas réellement intégré ou appréhendé l’enjeu. Ils préfèrent juste porter le titre, déférant aux actes ordinaires et jouir des avantages liés à leurs fonctions. Que les populations se portent bien ou pas, cela semble ne pas être leur problème. Certains pour masquer leurs carences, préfèrent envahir les réseaux sociaux pour y faire la pluie et le beau temps à travers une communication agressive, faisant croire à l’opinion qu’ils sont hyperactifs. C’est pourtant à tout le contraire qu’on assiste quand on interroge leurs administrés. Un tour dans les Communes permet au citoyen doté d’un flair de curiosité, de découvrir la vraie réalité des choses.

Vivement un réel monitoring avec la réforme de la Décentralisation

« Au Bénin, quand on analyse bien le bilan après 20 ans, je pense que si nous voulons donner un coup de pouce au développement de notre pays, il faut accompagner l’élan ou l’essor impulsé par le chef de l’Etat ou imprimé par le chef de l’Etat au sommet de la gouvernance de notre pays. Il faut impulser cela à la base, il faut que cela parte de nos Communes. Donc, il faut réformer le secteur de la décentralisation ». Ainsi s’exprimait il y a quelques jours sur le plateau de l’émission « Le gouvernement en action », Raphaël Akotègnon, ministre de la Décentralisation et de la gouvernance locale, sur la question de l’opportunité de la récente réforme engagée dans le secteur de la décentralisation. Cette phrase traduit tout l’espoir placé dans la réforme structurelle du secteur de la décentralisation qui est entrée dans sa phase opérationnelle depuis quelques mois. Ayant dressé un état des lieux de la situation, le gouvernement a estimé qu’il était impérieux, pour faire décoller les Communes, de séparer les fonctions politiques des fonctions techniques et administratives. La réforme désormais actée, il est à espérer que chacun joue véritablement sa partition et veille à créer une synergie entre les différents acteurs pour un réel essor des collectivités territoriales. La cellule de suivi et du contrôle de la gestion des Communes récemment mise en place, doit très rapidement prendre toute la mesure de sa mission en faisant le monitoring nécessaire pour induire au niveau des différents responsables, une prise de conscience collective sur la question du développement local.

Gabin Goubiyi

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