LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

De retour au pays après un long séjour à l’étranger : Les ‘’dossiers’’ qui attendent Yayi

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Après un départ du Bénin dans la discrétion totale et en pleine période électorale, certainement pour éviter des ennuis, Boni Yayi est à Cotonou depuis peu. Il a fait sa première apparition publique au domicile du président Nicéphore Soglo à la Haie vive, le samedi 18 septembre 2021. Malheureusement, c’est dans un contexte où la situation de sa famille politique et de son parti n’est guère reluisante.

Trois problèmes principaux attendent Boni Yayi. Il s’agit de la situation de sa protégée, Réckya Madougou en détention depuis plusieurs mois pour des affaires qui la lient à la justice béninoise. Sur ce sujet, il faut rappeler que l’ancien président n’a pas encore donné publiquement son opinion. Après l’interpellation de cette ancienne Ministre de la République, beaucoup croyaient avoir la réaction de son ancien patron et président d’honneur du parti politique dont elle aurait pu porter le flambeau à l’élection présidentielle si elle avait rempli les conditions de participation. Il est resté silencieux autant que son parti « Les Démocrates » dont les réactions n’ont pas été à la hauteur du malheur qui est arrivée à la candidate ratée. Boni Yayi est rentré et pourrait en donner son point de vue pour lever le doute qui plane sur la relation entre le parti et la détenue depuis quelques mois. Point n’est besoin de rappeler que des voix, au sein du même parti, s’étaient levées, contre sa candidature, avant son interpellation par la justice.

Le deuxième dossier à gérer par Boni Yayi est la réorganisation du parti « Les Démocrates ». On a tendance à croire que le parti n’existe désormais que de nom. C’est du moins le constat fait depuis que les élections sont terminées. Éric Houndété, le Président, a disparu des écrans radars. Les autres ténors à savoir Azatassou, Tigri et autres aussi semblent avoir laissé le terrain aux adversaires. On sait qu’il y a eu beaucoup d’exclusions et de démissions à la veille du dépôt des candidatures pour la présidentielle. Yayi Boni est capable de travailler au retour de ces personnes dont Moïse Kérékou, Bio Sawé etc.  

Troisième et dernière équation, c’est celle relative à l’image qui lui est collée depuis son départ du pays. Nombre de ses partisans ne connaissent pas les raisons de sa disparition en pleine période électorale alors qu’il les préparait à des actions, à travers des messages publiés sur les réseaux sociaux. Un flou persiste autour des conditions de son départ et de son retour. Pour son bonheur et son honneur, il serait bien qu’il fasse lever le doute au plus vite.

Disparition suspecte    

« Je lance un appel pressant à l’Union sacrée de toutes les forces vives de la Nation autour de cet idéal commun. Ce n’est pas avec les armes contre le peuple que la paix se construit. En ma qualité d’Ancien Président du Bénin et ancien Président de l’Union Africaine et au nom de notre patriarche Nicéphore Dieudonné Soglo, 1er Président du Renouveau Démocratique, et en ma qualité d’ancien chef suprême des Armées, je lance un appel patriotique et humaniste aux forces armées d’aider, par l’abstention d’usage de la force, à la relance des bases du consensus issu de la Conférence nationale de 1990 ».  C’est le plus récent message de Boni Yayi sur sa page Facebook au sujet de l’actualité politique nationale du Bénin posté le 09 Février 2021. Un message qui avait suscité l’indignation au sein de l’opinion publique, surtout celle acquise à la cause du régime en place. Message incompris. Que voulait-il dire ? Il contestait, à sa manière l’élection présidentielle d’avril 2021 qui s’annonçait tel que prévu par la Constitution du Bénin. Yayi Boni contestait, sans nul doute la date de la tenue de l’élection, qui a changé du fait de la modification de la Constitution.

Depuis lors, plus rien. On n’a plus des nouvelles dde l’ex-président. Plus de sortie physique. Plus tard, il a été annoncé hors du pays. Certains l’avaient annoncé en exil; d’autres, au chevet de son épouse hospitalisée à Paris.

Ses proches revendiquent son retour

Que faut-il retenir ? Rien encore. Mais son retour sans bruit et sans inquiétude a été revendiqué par certains acteurs politiques proches de lui. C’est le cas par exemple du politologue, Richard Boni Ouorou qui a écrit sur sa page Facebook le dimanche 19 septembre 2021 ceci : « Que l’on veuille ou non, Thomas Boni Yayi n’aurait pas pu rentrer chez lui tranquillement au Bénin sans notre dernière initiative (Convergence nationale-Réconciliation). Nous avons permis de le remettre au cœur du débat politique, et ce, dans une toute autre approche et d’autre manière. » Plus loin, il a détaillé sa stratégie déroulée, selon lui, pour le retour de l’ex-chef de l’Etat au pays, que « en sous-estimant qu’il était prêt à saisir la main tendue du Chef de l’Etat, Patrice Talon, nous avons manœuvré à lui fournir une totale couverture médiatique, mais en même temps chargé l’opinion à porter un autre regard sur ses perspectives une fois de retour au pays ».

Ces publications du politologue Boni Richard Ouorou suffisent-elles pour croire que Yayi Boni avait quitté le Bénin sous pression ou qu’il se reprochait quelque chose ou encore qu’il avait peur de regagner son pays ? Ce politologue qu’on connait très proche de l’opposition va-t-il écrire ces lignes dans le vide ? Quel intérêt a-t-il à vouloir démontrer qu’il a joué un rôle dans le retour de Yayi Boni à Cotonou ?  Autant de questions qui restent sans réponses en attendant qu’un jour, Yayi Boni lui-même se prononce publiquement à cet effet. Mais, on se rappelle que le dimanche 13 juin 2021, sur l’émission d’une radio en ligne, Eugène Azatassou, un allié politique de l’ancien président et vice-président du parti « Les Démocrates » dont Yayi est le président d’honneur, a invité ce dernier « à rester hors du pays pour le moment ». Mais il n’avait pas reconnu qu’il était en exil.      

Félicien Fangnon

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