LE MATINAL
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Contrôle des produits alimentaires sur les marchés du Zou : La Ddaep préoccupée par la santé des consommateurs

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La Directrice départementale de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche du Zou (Ddaep-Zou), Gaëlle Gnakadja épouse Didagbé, a déployé sur les différents marchés des Communes relevant de sa juridiction une équipe d’inscription et de contrôle de la qualité  des produits alimentaires. Objectif, dénicher et sortir des rayons des grandes surfaces, les produits avariés et impropres à la consommation.

A l’orée des fêtes de fin d’année, le moment est propice aux bonnes affaires chez les commerçants et autres vendeurs de nos marchés et boutiques. Ils saisissent souvent cette occasion pour évacuer leurs produits périmés ou dont la date de péremption est presque à terme. Ils utilisent des stratégies commerciales telles que la liquidation ou la promotion pour parvenir à leur dessein machiavélique. Cette fois-ci, la Directrice départementale de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (Ddaep) du Zou ne leur donne pas l’opportunité de sacrifier la santé des consommateurs au profit de leurs intérêts économiques. A quelques jours de la célébration de la Nativité, Gaëlle Gnakadja, épouse Didagbé et son équipe ont intensifié le contrôle des produits alimentaires livrés à la consommation publique dont le but est de  préserver la santé des consommateurs par rapport à ce qu’ils consomment. L’appréciation du contrôle des produits, selon Gabin Samba, chef du service règlementation et contrôle à la Ddaep-Zou, se fait sur l’état de salubrité du magasin ou du lieu de vente, les conditions de conservation du produit, la validité du produit, sa date de péremption et l’intégrité de l’emballage. Ils ont investi les grands marchés pour, d’une part, extirper des étalages les produits indignes de consommation et, d’autre part, attitrer l’attention des consommateurs sur les risques qu’ils encourent en se ruant sur les produits en liquidation, en promotion ou très moins chers. «Le contrôle est une activité régalienne de la Ddaep. Mais en fin d’année, on l’accentue parce que les commerçants ont cette vilaine habitude de mettre sur le marché en ces périodes des produits impropres à la consommation, des produits de qualité douteuse ou des produits avariés », précise  la Ddaep Zou. Ainsi donc, les supermarchés et les boutiques sont ciblés pour le compte de cette première session de contrôle de trois jours. La plupart ont reçu la visite des inspecteurs et contrôleurs de la Ddaep. Les chambres froides destinées à la conservation des produits congelés et les poissonneries n’ont également pas n’échappé à ce contrôle. Et pour cause. « De façon régulière, on travaille avec les promoteurs des chambres froides. Mais en fin d’année, ils sont tentés eux aussi de mettre sur le marché des  poissons en putréfaction   due à une mauvaise conservation », avertit-elle. Bien que outillés sur les bonnes pratiques d’hygiène et de conservation des produits congelés, les promoteurs des chambres froides et des poissonneries foulent aux pieds les principes à cause du  coût d’électricité que cela induit. Ainsi, ils rompent la chaîne de froid à tout moment. Ce qui viole la règlementation en vigueur. En principe, ils doivent garder les produits au frais sans interruption jusqu’à l’épuisement du stock disponible. En cas de coupure d’électricité, il doit y avoir un groupe électrogène de relais afin que la qualité du produit soit maintenue.  Malheureusement, sur le marché, c’est le contraire que l’on observe. « Ils coupent les congélateurs les soirs et les remettent  tard  le lendemain », dénonce Gaëlle Gnakadja, épouse Didagbé. Après les premiers sites inspectés, le constat n’est pas  satisfaisant. Les normes de conservation ne sont pas respectées, affectant la qualité du produit. Ce qui constitue, du coup, une menace pour la santé humaine.

Deux entreprises dans les mailles des contrôleurs

A l’issue de cette première session de contrôle,  81 boutiques (boutiques, supermarchés, les chambres froides, les poissonneries, les hôtels, bars restaurants et cafétérias) ont été inspectées avec une bonne moisson. Deux entreprises de poissonneries ont été épinglées pour produits mal conservés. Conformément à l’article 18 de la loi n°84-009 du 15 mars 1984 pourtant contrôle des denrées alimentaires,  chacun d’eux a payé une amende de 50 mille Francs Cfa au trésor public. «En cas de récidiviste, on pourrait aller à la fermeture de la boutique, en faire un procès verbal au procureur de la République qui pourra décider des sanctions de privatisation de liberté correspondantes à l’infraction commise puisque nous ne sommes pas habilités à prononcer des sanctions d’emprisonnement »,prévient le chef du service contrôle et règlementation à la Ddaep-Zou. En dehors de la sanction pécuniaire, la traque a permis à Gabin Samba et les siens de prononcer également des saisis. Ils ont confisqué 19 sacs de riz de 50kg chacun et 456Kg  de poissons déjà en décomposition. S’agissant des produits agricoles, ils ont aussi fait l’objet d’inspection dans les magasins. Ici, le corps de contrôle a été plus indulgent. Pas de saisie. Néanmoins, ils ont été    arraisonnés sur la base des constats faits.  «Nous avons trouvé des produits qui sont mal conservés dans des magasins et  dans les lieux de stockage. Mais, nous n’avons pas prononcé des saisies parce que les produits agricoles ne sont pas encore pourris.  Nous avons juste intimité l’ordre aux propriétaires de ces magasins de faire un peu le vannage et de reprendre le conditionnement avant de   repositionner le produit pour la vente », souligne Gabin Samba. Suite à la saisine des produits, le processus de la destruction est aussitôt enclenché au vu et au su des promoteurs par des agents assermentés et en présence de la police républicaine. «Lorsque le contrôle détecte des anomalies, le produit est saisi, tout le stock est retiré de la vente puis il est détruit dans les conditions réglementaires », indique  la Ddaep/Zou.

Les risques  encourus par   vendeurs et consommateurs des produits avariés

La loi n°84-009 du 15 mars 1984 portant contrôle des denrées alimentaires règlemente le secteur. L’article 17 de cette disposition légale stipule que : sont soumis d’un emprisonnement de 3 mois au moins, 2 ans au plus et d’une amande de 100.000 francs Cfa au moins, 5.000.000 de francs Cfa au plus ou l’une de ces deux peines seulement, ceux qui, sciemment, auront contrevenu aux dispositions des articles 3,4,5 et 8 de la présente loi. Les articles 18, 19 et 20 de cette  même loi sont plus explicites. En clair, ceux qui déversent sur le marché des produits alimentaires avariés ou qui falsifient la date de péremption ou la nature du produit risquent gros.  Les consommateurs aussi. D’après la lecture d’un spécialiste en santé, ceux qui consomment les aliments mal conservés et décomposés s’exposent à la mort. A en croire les explications de  Amour Wangnanon, infirmier diplômé d’Etat, ceux-là peuvent faire la diarrhée, la fièvre typhoïde ou  le cancer de l’estomac. Ce qui peut occasionner l’affaiblissement du système immunitaire. Par conséquent, c’est la mort qui s’en suit.  Face à cette mort, qui peut être volontairement candidat ? Personne ! Alors la Ddaep-Zou appelle les consommateurs à la vigilance. « C’est vrai qu’on n’a pas cultivé ce réflexe de vérifier la date de péremption des conserves lors des achats, mais nous devons rester vigilants  parce que ces petits gestes anodins  sauvent et sont d’une grande importance pour notre santé », conseille Gaëlle Gnakadja, épouse Didagbé. Elle en a profité pour formuler ses vœux de bonne et heureuse année de paix, de santé, de succès à tous ses collaborateurs. Tout en reconnaissant leur mérite et leur engagement, elle les exhorte à l’assiduité puis  au travail pour de  nouveaux défis qui s’annoncent en 2022 au niveau de leur ministère.

Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

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