LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

Cherté des denrées de première nécessité : La Police frontalière à l’assaut des exportateurs indélicats

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(Des camions arraisonnés dans l’Alibori)

La Police frontalière suit à la lettre les instructions du directeur général de la Police républicaine et du gouvernement qui ont interdit la sortie frauduleuse du territoire national d’engrais et des produits vivriers. Elle a déjà arrêté plusieurs milliers de sacs de produits vivriers.

Plus de 3000 sacs de produits vivriers sont déjà arraisonnés par la Police frontalière depuis la mesure d’interdiction d’exporter vers les pays limitrophes. L’information a été livrée par la ministre de l’Industrie et du commerce sur la télévision nationale dimanche 4 juillet 2021. « Depuis la prise de cette décision, il y a eu plus de 3000 sacs qui se chiffrent en plusieurs centaines de tonnes de produits vivriers qui étaient en partance pour les pays de la sous-région ont été mis aux arrêts », a renseigné Shadiya Assouman. D’après elle, le gouvernement a bien fait de prendre cette décision carsi le président Patrice Talon et son équipe ne l’avaient pas prise, la tension serait plus vivace sur les marchés intérieurs. Mieux, a-t-elle indiqué, la situation pourrait conduire à l’indisponibilité totale des produits vivriers. Mais heureusement, la décision a permis aux Béninois d’avoir les produits non seulement disponibles, mais surtout de dépenser beaucoup moins que ce qui se pratique ailleurs. Pour rappel, la Direction départementale de la Police républicaine de l’Alibori a, grâce aux commissariats frontaliers, mis la main sur plus de 2500 sacs de maïs, de sorgho, de mil et de néré en direction du Nigeria et du Niger. Le commissariat d’arrondissement de Sonsoro a arrêté un véhicule avec à bord 390 sacs de maïs à destination du Niger. Le commissariat d’arrondissement de Madécali a intercepté deux véhicules qui transportaient 300 sacs de maïs et 220 sacs de sorgho pour le Nigeria. Le commissariat d’arrondissement de Ségbana pour sa part, a immobilisé un véhicule en partance pour le Nigeria à la frontière de Wara. A Gounarou, les policiers ont interpellé deux véhicules transportant 380 sacs de maïs et de mil. Le commissariat de Malanville a arraisonné trois véhicules qui transportaient 390 sacs de maïs et 09 sacs de néré destinés pour Dosso et Gaya au Niger. Enfin, le commissariat de Banikoara et celui frontalier de Monsey ont stoppé quatre véhicules qui convoyaient respectivement 588 et 400 sacs de maïs vers le Nigeria et le Niger.

L’appel au patriotisme de la ministre du Commerce

« La situation des prix qui ont flambé est une tendance mondiale. On sait aussi que cela s’explique par plusieurs facteurs au nombre desquels, la mauvaise pluviométrie qui a induit les récoltes moins bonnes que prévues dans les grands pays producteurs et consommateurs, même si au Bénin, nous avons pu maintenir grâce à la politique du gouvernement, un niveau de production satisfaisant au cours de la dernière campagne agricole. Ensuite, il y a l’appétit des grands pays consommateurs qui n’hésitent pas à recourir à d’autres marchés comme celui du Bénin, pour s’approvisionner afin de faire face à la soudure qu’ils observent chez eux. Dès les premières alertes sur le marché, nous avons au niveau du Ministère du commerce déployé nos équipes sur le terrain. J’ai en personne rencontré diverses associations de commerçants surtout des produits céréaliers pour mieux apprécier la situation. Ensemble, nous avons conclu qu’en dehors des facteurs objectifs évoqués, il y a une grande spéculation qui est liée à la forte demande étrangère. Ce que nous pouvons retenir, c’est cette demande qui est inhabituelle alors que nous avons au Bénin, une production qui est construite. Le gouvernement a pris la décision d’interdire les sorties incontrôlées de nos produits vivriers vers les pays étrangers notamment la sous-région. Il s’agit du maïs, du sorgho, du mil, du haricot et surtout du gari qui est devenu un produit très consommé dans les produits qui habituellement n’en consommaient pas. Depuis la prise de cette décision, il y a eu plus de 3000 sacs qui se chiffrent en plusieurs centaines de tonnes de produits vivriers dans les Communes frontalières qui ont étaient en partance pour les pays de la sous-région. Heureusement que le gouvernement a vu juste en prenant cette décision forte. Si on ne faisait rien, on aurait une plus forte tension sur nos marchés intérieurs et la situation pourrait conduire à l’indisponibilité totale de ces produits. Cela a permis aux Béninois d’avoir aujourd’hui les produits non seulement disponibles, mais surtout de dépenser beaucoup moins que ce qui se pratique ailleurs.

En ce qui concerne les produits importés, cela est lié à d’autres causes. C’est la suite des effets pervers du Covid-19. Les matières premières sont devenues plus chères, ce qui fait qu’à la transformation, c’est le consommateur final qui paie la facture. On entend dire à tort et à travers dire que c’est lié à la fiscalité, pas du tout. On n’a ni augmentation de taxe, ni de nouvelles taxes sur les produits à importer. La réalité c’est surtout l’indisponibilité de conteneurs. Aujourd’hui, les conteneurs sont très chers. Ce qui fait que les produits importés reviennent plus chers. La cause ne se trouve pas du tout au niveau du gouvernementet ce n’est d’ailleurs pas au Bénin seul que les produits sont importés coûtent plus chers. Il y a aussi que les grands pays grands consommateurs pourraient avoir un peu plus de produits localement chez eux. De toutes les façons, nous suivons la situation et nous n’abandonnons pas. Au niveau des grossistes, nous appelons également à un patriotisme car c’est ensemble que nous allons réussir. Le gouvernement a déjà fait un grand en interdisant l’exportation des produits. Nous devons aider à cela. Nous allons être patients car nous avons déjà les premières pluies. On aura encore donc plus de produits mais on sait que la demande des pays de la sous-région est forte. Toutes les dispositions ont été prises avec le Ministère de l’agriculture pour augmenter la production car nous sommesdans une région où nous prônons l’intégration ».

Serge Adanlao

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