LE MATINAL
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Bénin : Le Mpl plaide pour la libération de Reckya Madougou et Joël Aïvo

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Le Mouvement populaire de libération (Mpl) n’est pas resté insensible à la condamnation de Reckya Madougou et Joël Aïvo, intervenue la semaine écoulée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). A travers un point de presse animé ce lundi 13 décembre 2021, les membres de ce parti politique ont plaidé pour la libération de Reckya Madougou et Joël Aïvo. Lire ci dessous l’intégralité de leur point de presse.

Point de Presse du Mouvement Populaire de Libération (MPL), face aux condamnations de Joël AIVO et Reckya MADOUGOU

Mesdames et messieurs, chers compatriotes,
Qu’ils vous souviennent, le 04 mars 2021, soit quelques heures après l’interpellation de madame Rekiath Madougou, à travers un communiqué, le Mouvement Populaire de Libération (MPL) a fustigé cette interpellation et exigeait des autorités judiciaires et aussi bien politiques des clarifications sur cet acte de grande portée au regard de la sensibilité de la période électorale que nous traversions. Par la suite ce fut le tour du Professeur Joël Aïvo interpellé le 15 avril 2021.

Mesdames et messieurs de la presse,
Notre démocratie ainsi que notre vivre-ensemble subissent depuis plusieurs années une érosion significative. Une situation fébrile et due au refus chronique du pouvoir en place d’observer de façon sincère les règles du jeu démocratique afin de panser les plaies et repartir sur des bases plus saines et porteuses d’espoir pour le pays et sa jeunesse.
Les éléments crisogènes ne cessent de s’amonceler.
Comme tous les béninois et au-delà de nos frontières nous avons avec beaucoup d’émotions et de peines suivi les procès des 06 et 10 décembre 2021 qui ont lieu à la CRIET à Porto Novo.

Deux maisons brûlent aujourd’hui. Au Mouvement Populaire de Libération, nous apportons non seulement de l’eau pour protéger la nôtre mais nous en apportons aussi pour aider à éteindre le feu ardent qui brûle chez les camarades Jöel AIVO, Reckya MADOUGOU et tous les autres qui ont été condamnés ou en attente de jugement.
Notre combat était le même, celui de participer à la présidentielle du 11 avril 2021 en tant qu’acteurs politiques désirant une alternance à la tête de notre pays.
Il est indéniable que ces condamnations avec les milliers de détenus considérés pour nous comme des otages politiques dans le cadre de la crise électorale d’avril 2021 mettent à mal l’image de notre pays et de notre démocratie en inscrivant le Bénin sur la ligne rouge des pays ou sévit une dictature d’oppressions et de privation des libertés.

Ces affaires contribuent à fragmenter le lien de confiance démocratique entre les citoyens et la classe politique ; un lien qu’il faudra à coup d’effort retisser avec des règles strictes, claires et transparentes pour la reconstruction réelle d’un état de droit
La justice doit en tout état de cause rester un outil dont les principes de cohérence et d’indépendance ne doivent point été utilisés à d’autre fins.
Au moment où notre pays est en proie aux attaques djihadistes ignobles, il nous parait plus important que le pouvoir de la rupture travaille à obtenir l’adhésion et la cohésion des béninois pour faire face à ce péril dont les menaces sur le développement et la stabilité économique ne sont plus à démontrer pour un peuple déjà assommé par la misère et la faim. Nous profitons de cette occasion pour nous incliner avec déférence devant les âmes de nos vaillants soldats qui ont versé leur sang dans la protection de l’intégrité de notre territoire.

Mesdames et messieurs,
Les crises électorales répétitives de 2019, 2020 et 2021 interpellent le chef de l’état sur sa responsabilité personnelle et celle de son gouvernement à anticiper pour épargner au peuple béninois d’éventuelles crises à l’avenir ; nous voulons espérer qu’enfin les prochaines échéances législatives de 2023 trancherons avec tout ce que le peuple béninois a vécu et constituerons un réel début de pacification de pays.
Ce que le peuple béninois retient, selon l’appartenance ou la sensibilité politique, c’est un acharnement du pouvoir contre des individus pour les uns et pour les autres, le désir effréné d’individus voulant renverser un pouvoir légalement constitué.
Au Mouvement Populaire de Libération nous prenons acte de tout et comme les camarades qui viennent d’être condamnes, qui pour blanchiment d’argent, atteinte à la sureté de l’Etat et qui pour financement de terrorisme, nous demandons au chef de l’Etat qui est le premier magistrat et qui connait le parcours de ces jeunes qui ont beaucoup donné et pourraient encore le faire à notre pays, d’user de tous les moyens légaux possibles pour qu’ils sortent de là très rapidement.
Au nom de la paix et de la décrispation du climat politique il est indispensable que l’action judiciaire avec ses corollaires soit suspendue au profit d’une solution politique de règlement définitif de la crise électorale d’avril 2021.
La solution n’est pas toujours la loi et la règle mais dans le dialogue. À nos collègues de l’opposition, il faut une nette démarcation entre les politiques et les hommes de rang, car tout rapport entre ces deux catégories d’acteurs quel que soit la nature sera perçue comme source d’insécurité et d’instabilité par le régime qui ne se fera pas prier pour en user et abuser aux fins d’éliminer les adversaires politiques.

À Joel Aivo, Rekiath Madougou et tous les autres, nous voudrons ainsi au nom de la jeunesse béninoise leur exprimer notre sincère compassion et notre proximité de pensée. Qu’ils se rassurent que le combat continuera jusqu’à leur libération.

Nous demandons à tous les béninois qui se réclament de l’opposition, de continuer à travailler ensemble avec nous les mains nues dans tous les villages et quartiers de ville afin qu’en 2023 se lève une aube nouvelle qui nous conduira vers 2026.

Fait à Cotonou le 13 décembre 2021

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