LE MATINAL
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Annonce de réformes à l’Union progressiste après les législatives : Le choix stratégique de Djogbénou

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L’Union progressiste (Up) va faire sa mue après les élections législatives de janvier 2023. Le nouveau président du parti, Joseph Djogbénou, a annoncé des réformes qui devront intervenir après les échéances électorales prochaines. Un choix hautement stratégique.

Un vent de réformes s’annonce à l’Union progressiste (Up). Le parti entend bien aller au-delà du renouvellement de ses instances dirigeantes intervenu le 16 juillet 2022. C’est du moins ce qui ressort des propos du président dudit parti, Joseph Djogbénou, lundi 1er août 2022 à l’occasion de la rencontre qu’il a tenue avec les militants. « La réorganisation du parti est une priorité et cette priorité vient après les Législatives de 2023», a déclaré en substance l’ancien président de la Cour constitutionnelle récemment porté à la tête du plus grand parti politique du Bénin. Cette phrase est suffisamment illustrative de la volonté du numéro 1 de l’Up d’opérer des réformes au niveau des instances du parti. Le contexte de l’annonce n’est pas à négliger puisqu’elle a été faite au cours d’une rencontre solennelle qui a réuni les figures de proue de cette formation politique. L’élan de mutation au niveau de l’Union progressiste a été déjà amorcé avec la désignation, le 16 juillet dernier, de nouveaux responsables au niveau de l’instance dirigeante. Pour rappel, outre Joseph Djogbénou qui assure désormais la présidence de cette formation politique, la plus grande du Bénin, Mariam Talata Chabi Zimé a été désignée au poste de 1ère vice-présidence tandis que le député Gérard Gbénonchi est porté au poste de 2ème vice-président. Appréciant ce renouvellement, le député Orden Alladatin avait indiqué au cours d’un entretien télévisé qu’« Il y avait des réajustements techniques qu’il fallait faire au niveau des instances centrales du parti». Il avait insisté à l’occasion, sur la nécessité pour le parti de se doter de nouveaux organes. Selon ses dires, l’Union progressiste étant déjà dans un élan de restructuration a sauté sur l’occasion. « Nous étions dans cet élan de restructuration, on en a profité pour mettre le turbo Joseph Djogbénou avec de la sensibilité au genre, en tissant la nouvelle corde à l’ancienne», avait soutenu le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale.

Stratégie politique

Si au regard de ce qui précède, il est clair que les signaux avaient été annoncés pour ce qui est de la restructuration du parti Union progressiste, il n’en demeure pas moins que le choix du timing pendant lequel ces réformes auront lieu est hautement stratégique. En effet, il serait hasardeux et risqué pour le parti d’opérer des réformes ou des restructurations alors qu’on est à quelques encablures des prochaines élections législatives. Il est une vérité de cristal que les périodes préélectorales sont par excellence, des périodes d’effervescence politique. Envisager des réformes ou une quelque restructuration durant cette période est susceptible de provoquer des mécontentements et des turbulences qui pourraient s’avérer fatales pour le parti. Déjà, le climat d’incertitude qui prévaut relativement aux positionnements au sein des différents états-majors à quelques encablures des élections législatives du 08 janvier prochain, fait grincer les dents au niveau des potentiels candidats. A cette situation déjà délétère, s’est greffée la désignation presque à 180 degrés de l’ancien président démissionnaire de la Cour constitutionnelle comme président du parti.  Toutes choses que certains cadors du parti n’ont pas digéré mais se retrouvent obligés de subir. Ces deux situations constituent une véritable bombe à retardement qui pourrait exploser à tout moment. Entreprendre des réformes dans cet environnement pourrait provoquer un déluge dont le nouveau président serait tenu responsable. C’est sans nul doute la raison pour laquelle il a été précautionneux, en différant la période de restructuration du parti. Ce décalage mûrement réfléchi participe inéluctablement d’une stratégie politique. Surtout quand on sait que la gestion des mécontentements et mouvements d’humeur qu’induiront les positionnements sur la liste de candidatures du parti n’est pas gagnée d’avance par Joseph Djogbénou.

Gabin Goubiyi

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