LE MATINAL
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Affaire “Complot contre la sûreté de l’Etat et blanchiment de capitaux” à la Criet : 10 ans de prison ferme et 45 millions d’amende pour Aïvo et ses coaccusés

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(Le comptable Gnonlonfoun acquitté)

Le constitutionnaliste béninois, Frédéric Joël Aïvo et ses coaccusés pours sont fixés sur leurs sorts à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Après une journée de procès à la salle rouge Yves Yèhouessi, ils ont été condamnés à 10 ans de prison et 45 millions d’amende chacun excepté le trésorier du mouvement Dynamique Aïvo, Alain Dotou Gnonlonfoun, qui a été acquitté.

C’est fait ! Le procès Aïvo a livré son verdict. La Cour de répression des infractions économiques et de terrorisme (Criet) a condamné à 10 ans de prison ferme et au paiement d’une amende de 45 millions de FCfa chacun sauf le trésorier du mouvement Dynamique Aïvo, Alain Dotou Gnonlonfoun. Avant d’en arriver là, les quatre co-accusés ont tous plaidé non-coupables devant la Cour présidée par la magistrate Christelle Adonon. D’une voix ferme, Joël Aïvo a répondu : « Madame la présidente, je ne reconnais pas les faits ». Les trois autres co-accusés, dont deux militaires à savoir Boni Saré Issiakou et Ibrahim Bachabi Moudjaïdou puis le comptable, ont donné la même réponse. La présidente Christelle Adonon a, par la suite, résumé les faits. Elle a rapporté des propos tenus par l’opposant Joël Aïvo, qui aurait annoncé en pleine tournée, une alternance certaine à l’occasion de l’élection présidentielle. Par ailleurs, elle a parlé d’un projet de coup d’Etat imaginé par un soutien financier du constitutionnaliste, puis elle a ajouté qu’une réunion aurait eu lieu dans son bureau. Sur les faits de blanchiment de capitaux, les quatre prévenus auraient manipulé des biens d’origine douteuse, selon la présidente. A la barre, le premier prévenu interrogé, Boni Saré, a reconnu l’existence d’un tel projet. Mais selon lui, il s’agissait plutôt d’un projet pour escroquer son concepteur et pour lui soutirer un peu d’argent. Il n’y a jamais eu de projet réel de coup d’Etat. Il dit ne pas le connaître et n’a jamais tenu des réunions avec lui. Appelé à la barre, le principal accusé, Joël Aïvo, a tenté de laver son honneur. Selon le rapport d’enquêtes de moralité lu, l’universitaire a une bonne renommée avec ses voisins de quartier. Par contre, sur le plan professionnel, il est un homme arrogant, ambitieux, téméraire, qui se fâche très vite, et qui n’aime pas qu’on le gouverne. Sa gestion à la tête de la Faculté de droit et science politique (Fadesp) a été catastrophique. A en croire le Procureur spécial de la Criet, Mario Mètonou, le complot contre la sûreté de l’Etat est constitué dès son acceptation morale, avant qu’il ne se concrétise. L’intention de coup d’Etat est clairement établie chez l’accusé Boni Saré Issiakou. Les éléments matériels accusant ce dernier sont les fonds reçus, les documents retrouvés chez lui et leur contenu. Le comptable Alain Gnonlonfoun a levé les fonds pour la caution de Joël Aïvo, dont Arnaud Houédanou est contributeur. D’où le constitutionnaliste est bénéficiaire du complot financé par Arnaud Houédanou. C’est à cet effet que le procureur Mètonou a requis 10 ans de réclusion criminelle et 50 millions d’amende contre le candidat recalé de la course à la Marina d’avril 2021 et ses 2 co-accusés pour complot contre la sureté de l’Etat et blanchiment de capitaux.

La défense composée d’un collège d’avocats chapeauté par l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Robert Dossou, dans sa plaidoirie, a constaté un vide juridique qui doit permettre à la Cour d’acquitter purement et simplement leur client. Après la délibération finale prononcée vers 2h45 minutes du matin de ce mardi 7 décembre, la Cour a condamné le professeur Joël Aïvo et les militaires Boni Sare et Ibrahim Bachabi Moudjaïdou à 10 ans de prison ferme plus une amende de 45 millions de FCfa. Le comptable Alain Gnonlonfoun a été acquitté et recouvre sa liberté.

Martial Agoli-Agbo

(Br Ouémé-Plateau)

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