LE MATINAL
Le Matinal est l’un des premiers quotidiens privés nés quelques années après la conférence nationale. Le matinal existe depuis 1997 et est aujourd’hui tiré à plus de 5000 exemplaires, LE MATINAL est aujourd’hui le quotidien plus influent au Bénin.

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Chambre du commerce et d’industrie du Bénin: la Ccib entre modernisme et performance

Le temple institutionnel de l’Industrie et du Commerce a été  exorcisé des démons qui l’éloignent complétement des actions concluantes et performantes. Avec le gouvernement de Patrice Talon, la  Chambre du commerce et d’Industrie du Bénin a retrouvé ses lettres de noblesse. Retour sur les actes de Alain Hinkati.

Interrogé par les confrères d’une presse locale sur les insuffisances de la Ccib, Alain Hinkati, sans état d’âme, a présenté l’état piteux.  A le suivre, il y avait eu une certaine désaffection des opérateurs économiques pour la Chambre parce que ceux qui la dirigeaient avaient des problèmes de représentativité.  En effet, pour être membre de l’Assemblée consulaire, il faut remplir certains critères. « Donc, les critères qui déterminaient l’élection des personnes qui doivent représenter la communauté des opérateurs économiques à la chambre ne permettaient pas aux opérateurs économiques d’une certaine envergure de se retrouver dans la famille consulaire. Le fait est qu’on n’a pas suffisamment réfléchi pour savoir à quoi sert une chambre de commerce. C’est lorsqu’on a répondu à cette question qu’on saura qui il faut à la chambre afin de s’assurer que les missions de la chambre seront réalisées », a-t-il expliqué avant de continuer. « La réflexion a consisté à dire que nous passons en revue les activités essentielles de la Chambre et voyons quel type d’opérateurs ou de personnes on peut avoir pour que la Chambre puisse jouer pleinement le rôle qui est le sien. Quand on a fait cette réflexion, ce qu’il faut savoir est qu’une Chambre de commerce est un organe consultatif et de représentation. C’est un organe d’accompagnement et d’appui aux entreprises et enfin elle est un organe à vocation à contribuer à la formation des agents des entreprises. Parce que les entreprises ont besoin des ressources humaines qualifiées pour pouvoir les aider à se développer. Le troisième point, la chambre a vocation à contribuer à développer nos régions.» A cet effet, il indique qu’il faille  construire des infrastructures au niveau des régions pour  valoriser, exploiter les potentiels économiques de celles-ci. En claire, il faut que les entreprises s’installent dans ces  différentes régions économiques pour les développer. «La Ccib doit voir comment accompagner les opérateurs économiques pour qu’ils puissent s’installer sur toute l’étendue du territoire national. Voilà un peu les quatre grandes missions de la Chambre. Et pour accomplir convenablement ces missions, il faut avoir des opérateurs qui ont une certaine expérience. Lorsque vous ne savez pas de quoi on parle, vous ne pouvez pas conseiller. Le gouvernement a une politique de promotion du secteur privé. La Ccib est là comme instrument qui doit aider à mettre en œuvre cette politique. Ainsi, il faut trouver des personnes qui doivent conseiller le gouvernement, apprécier le choix de l’exécutif par rapport à son orientation et discuter pour qu’on adopte la meilleure approche pour l’opérationnalisation de la vision du gouvernement », a-t-il fait comprendre. Pour réussir à imposer le choix de l’Exécutif, il faut être très sélectif. Cette sélection oblige à tenir compte de la provenance des opérateurs économiques. Il faut les avoir, a dit l’Administrateur provisoire,  dans toutes nos régions. C’est une question de représentativité. Mais, il faut aussi choisir ceux qui sont en mesure d’apporter une contribution de qualité dans le débat. Il faut choisir ceux qui ont des idées et des expériences à partager. Si vous venez de créer votre entreprise, vous n’avez pas suffisamment d’expérience pour mettre vos réseaux d’affaires au service des autres entreprises. Dans ce sens, la réflexion a consisté à dire qu’à la Chambre de commerce et d’industrie, il faut avoir majoritairement des représentants d’entreprises qui sont le poids économique le plus important au niveau du pays. Il ne faut pas qu’on ait que des opérateurs économiques de petites tailles. Il faut majoritairement ceux qui ont une certaine surface financière et qui ont déjà eu le temps de développer leurs affaires et de connaître les problèmes qui se posent en ce qui concerne le développement du commerce, de l’industrie et des services. C’est bien ce qu’il faut pour que ça marche. La Chambre même peut évoquer des problèmes et faire des plaidoyers auprès du gouvernement pour qu’on mette un certain nombre de dispositifs en place pour faciliter les affaires. Vous voulez développer le secteur privé, il faut écouter les opérateurs économiques les plus représentatifs et par défaut ceux qui ont réussi, ceux qui ont connu des difficultés et qui ont relevé des défis.

Les entreprises de petite taille exclues du processus électoral

Le diagnostic fait par Alain Hinkati à la Ccib est que les entreprises de petites tailles  ne vont pas enrichir le débat  dans la Chambre consulaire. La thérapie est donc de les exclure afin qu’elles apprennent de leurs supérieurs. Il ne s’est pas agi d’une marginalisation, mais d’une question de logique.  Dans une explication très fluide, le réformateur en mission à la Ccib fait toucher la réalité. « Ce qu’il y a lieu de comprendre est que la Chambre a vocation à aider l’ensemble de la communauté des opérateurs économiques. Et quand vous êtes grand aujourd’hui et avez eu à écraser des difficultés, vous avez donc la matière pour aider les petites entreprises sur comment on fait pour que celles nouvellement créées puissent grandir, comment on fait pour avoir des financements, comment créer des filières… Mais si vous venez de commencer, vous n’avez pas cette expérience. L’idée est donc d’accompagner les petites entreprises à grandir et être en mesure de devenir aussi de grandes entreprises pour pouvoir venir à la chambre pour continuer à atteindre l’objectif commun. Les petites entreprises peuvent se retrouver exclues du processus électoral parce qu’elles n’ont pas encore atteint la taille utile pour participer au processus. Lorsque la chambre est bien organisée et joue correctement son rôle, les années à venir ces entreprises auraient grandi pour venir remplacer les représentants des grandes entreprises d’aujourd’hui. C’est ça en fait le processus vertueux que nous souhaitons mettre en place. La réflexion a consisté à réexaminer les critères pour être électeurs et les critères pour être candidats.

La démarche de Hinkati pour justifier le Out des petites entreprises

« Nous avons interrogé les statistiques au niveau de l’Insae sur nos entreprises et ces statistiques ont révélé que 20% de nos entreprises ont un chiffre d’affaires annuel de plus de 500 millions de francs Cfa et le total de leurs chiffres d’affaires représente 90%. La réflexion consiste donc à dire que si tel est le cas, nous souhaitons avoir à l’Assemblée consulaire des entreprises d’une certaine taille pour enrichir les débats et il faut discriminer. Il nous faut avoir 2/3 des sièges à l’Assemblée consulaire que nous réservons aux entreprises qui ont un chiffre d’affaires annuel de plus de 500 millions de francs Cfa et le reste des entreprises prendront le 1/3 des sièges. En fait, vous notez que si on donne 1/3, c’est que nous sommes à 33% à peu près en valeur. Nous avons procédé à une surreprésentation des petites entreprises au nom de l’Assemblée consulaire en prenant ce critère. Nous sommes donc passés de 89 élus à l’Assemblée consulaire à 69. Nous avons décidé de réduire parce qu’on n’a pas besoin d’avoir autant de monde pour la réflexion. Nous avons tenu compte des normes et regarder un peu ce qui se passe ailleurs et nous estimons rationaliser. Plus on a un effectif de qualité mieux ça vaut pour les débats. Nous avons donc prévu réduire à 69. Nous aurons 48 élus pour l’élection au plan national qui concerne ceux qui ont un chiffre d’affaires de plus de 500 millions par an et la deuxième catégorie de corps électoraux créés au niveau des régions. Là, nous avons 23 sièges pour ces corps. Les élections au niveau des régions vont permettre de dégager 23 élus et au niveau national 46. Désormais, on a fait en sorte que les corps électoraux soient constitués de personnes qui se ressemblent et qui se connaissent. Ce qui se passait avant, c’est qu’on mettait tout le monde ensemble. ‘’Les petits’’ pouvaient voter pour ‘’les grands’’ », a justifié Alain Hinkati .

Bienvenue Agbassagan 

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